Le chêne de la Bitte, Saint Civran, Indre

Dans le cadre de l’élection de l’arbre de l’année, ce chêne avait remporté mon suffrage, et tout naturellement, je me disais qu’il méritait de figurer dans le blog. Sébastien lui a rendu visite…

« Il y a quelques temps, je suis tombé sur un avis de recherche concernant un vieux chêne à Saint-Civran.  La photo extraite de Gaston Wimbée, Visages du Berry, Horizons de France, 1952, p.32 laissait entrevoir un chêne extraordinaire. »

CHENE DE SAINT BENOIT DE SAULT SEBASTIEN RICHET 9

« Avec seulement le nom de la commune pour adresse et ne sachant pas s’il existait encore, sa recherche me semblait périlleuse… Jusqu’au jour, où je trouve par hasard un document présentant les arbres remarquables du Boischaut Sud. »

CHENE DE SAINT BENOIT DE SAULT SEBASTIEN RICHET« Alors là, plus de doute, ce colosse existe encore et en plus l’adresse est plus précise ! Une fois sur place, pas évident de trouver le chêne de La Bitte. Une recherche rapide permet néanmoins de découvrir un paysage de bocage préservé avec la présence de cormiers. »

« Heureusement un habitant fort sympathique du village nous permettra d’accéder à cet arbre hors du commun. »

« En réalité, cet homme le connait parfaitement car il en était le propriétaire il y a quelques années. Pour le trouver sans un guide, c’est quasiment mission impossible car il se situe au bout d’un chemin dans un champ de la vallée. »

« Face à ce patriarche muni de sa vieille canne l’émerveillement est assuré. Pas de doute il a plusieurs siècles au compteur. Combien? Certains prétendent 600 ans en se fiant à un pendule. »

« Ne serait-il pas mieux de le comparer aux autres chênes de son gabarit ? »

CHENE DE SAINT BENOIT DE SAULT SEBASTIEN RICHET (10) copibisCHENE DE SAINT BENOIT DE SAULT SEBASTIEN RICHET (5) copie

« En tout cas si on le compare au célèbre chêne millénaire d’Allouville de par ses mensurations l’écart ne doit pas être très grand. La circonférence du normand à 1,30 m est de 1004 cm, celle du berrichon à 1,30 m est de 1005 cm. La circonférence au sol du chêne de la Bitte est nettement supérieure avec 1630 cm. »

« CHENE DE SAINT BENOIT DE SAULT SEBASTIEN RICHET (8) copiePour lui donner un âge, le mieux, c’est d’aller le voir. Il trône si fièrement. Et finalement ne pourrait-il pas être le doyen des chênes de France ? En tous cas son aspect rappel d’autres chênes extraordinaires tel que le chêne de Tronjoly, le chêne de Montravail, le chêne de Villedieu la Blouère. »

« Ce colosse ressemble à une énorme vieille trogne comme on peut en voir dans les livres de contes de fées. »

« En réalité même s’il n’a que très peu changé en 60 ans, à l’origine il avait probablement une allure beaucoup plus imposante. »

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« Ce qui semble logique quand on observe ce dessin de 1932. »1932 -- LE GROS CHENE DE SAINT CIVRAN

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« Il est donc en phase de sénescence depuis longtemps, ce qui explique sa faible hauteur. Son feuillage reste bien généreux et son ombre est bien agréable quand il fait chaud. »

« Aujourd’hui il est à moitié vivant et à moitié mort, mais il reste vaillant. La sécheresse de l’été 2012 n’est probablement que de la rigolade par rapports aux autres aléas climatiques qu’il a connu dans sa vie. Le seul risque, c’est que la partie morte finisse par s’effondrer avec le temps et là il ressemblera davantage au chêne de Montravail. »

« En fait, on pourrait rester des heures devant cette œuvre d’art de la nature et le plus dur, c’est de lui dire au revoir. »

Merci Sébastien pour ce reportage, c’est un spécimen absolument magnifique, qui nous permet d’étrenner la catégorie des chênes colosses!

 

 

 

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19 réflexions au sujet de « Le chêne de la Bitte, Saint Civran, Indre »

  1. Et bien … Merci pour tout Sébastien.
    Je ne le conaissais pas du tout celui là. Comme quoi la France est encore grande et d’autres surprises aussi magistrales nous attendent peut-être encore.
    Je pensais que tous les chênes de plus de 10m de tour nous avaient été présentés chez Krapo… Il manquait au moins celui-ci.
    C’est vraiment intéressant morphologiquement. On imagine bien que lorsque la partie morte aura fini de s’effondrer, il aura tout à fait l’allure du chêne de Tronjoly.
    Merci encore, c’est formidable.

  2. Le voilà donc le 1er chêne colosse des têtards. J’ai bien l’impression qu’il rentre dans le top 5 national. Voir le top 3. Quelqu’un a t’il une mesure sûre du chêne de Saint-Vincent-de-Paul ? Il est très intéressant d’en avoir une gravure et une photo ancienne. Beau travail de recherche.
    Bravo Sébastien. J’ai placé ce chêne sur le SIG pour ceux qui souhaiteraient lui rendre visite. En as-tu profiter pour passer voir l’If de la Motte Feuilly ?

  3. Pour l’if de la Motte Feuilly ça va être plus compliqué ! J’ai bien essayé le même jour mais il se trouve dans l’enceinte du parc du château qui est fermé. J’ai croisé le gardien qui n’autorise personne à rentrer. Faudrait peut-être tenter pour les journées du patrimoine.
    Quelqu’un a t’il une mesure du chêne de La Mainborgère ? http://www.brigandsdubocage.blogspot.fr/2012/10/le-chene-de-la-mainborgere.html
    Pour la circonférence du « Lou bielh cassou » Jeroen Pater a mesuré 10,40 m à 1,30 m en 2002. La mesure de 12,50 m inscrit sur le panneau au pied de l’arbre semble exagérée mais il faudrait vérifier sur place. http://www.monumentaltrees.com/fr/fra/landes/saintvincentdepaul/2785_leglise/4675/

    • Salut Seb,
      Pour la Mainborgère je vais regarder, il me semble que j’avais quelque chose sur ce chêne. Pour le chêne de la Bitte est tu sûr de ton relevé car Philippe Rabillat et son équipe l’ont mesuré il n’y a pas très longtemps pour 9,80 m à 1.30 m et 14 m à 0,30 m; ce qui fait quand même une différence de 25 cm avec toi.

  4. La région de Saint-Benoît-du-Sault possédait un autre chêne extraordinaire : le chêne de la Chair-au-Point. Qui sait, peut être que dans ce coin de France on découvrira d’autres merveilles ?

  5. Un chêne de 10 m de circonférence et qui est de plus inconnu ou peu connu, ça n’est vraiment pas courant. Merci à Sébastien de nous l’avoir fait découvrir. Espérons que d’autres individus tout aussi extraordinaires soient encore à découvrir.

  6. Bravo pour cette trouvaille !!

    Comme tout le monde le dit, il est extrêmement rare d’ajouter des arbres d’une telle dimension, qui plus est dans la catégorie chêne pédonculé.

    Sa sénéscence est en effet assez marqué et cela depuis des décennies, mais ce n’est pas pour autant comme on le sait si bien, que ce vénérable cassera sa pipe avant nous.

    Malheureusement ce n’est pas par chez moi que je pourrai vous venir en renfort, le grand ouest est si riche et/ou fertile pour ce genre d’individu, en somme le terreau idéal.

    • Salut Sisley,

      Si les gros chênes se font rares dans l’est, tu peux toujours te rattraper avec les fruitiers et le gigantisme de certains résineux. C’est quand tu veux pour nous présenter quelques cormiers ou poiriers Alsaciens. 😉

  7. Bonsoir tout le monde !

    Et merci à toi Sébastien de nous présenter un aussi magnifique chêne.
    Celui-là est vraiment dans le haut du panier et, c’est vrai, il me fait sentir que nous retrouvons, avec un tel arbre, le côté « arbres d’exceptions » que nous offrait le Krapo…
    L’élève est donc en train de rattraper le maître…
    C’est réjouissant et encourageant !
    Je crois, messieurs les Yanick, que vos efforts trouvent là leur récompense.

    Vivement le prochain arbre du même calibre.

  8. Pour le chêne de la Bitte je suis plutôt sûr de mon relevé. Mon relevé date de septembre 2012.
    Mon décamètre était suffisamment long pour mesurer en une seule fois. Le ruban était bien tendu…
    Au fait le chêne de Plassay est mesuré pour 9,10 m sur Krapo et seulement 8,95 m par Philippe Rabillat et son équipe (quand même une différence de 15 cm).
    Pour en revenir au chêne de la Bitte sa circonférence était probablement supérieure à 10,05 m au moment où toute son écorce était entièrement présente.

    • Salut Seb,
      Ok pas de problème, de toute façon pas toujours évident de prendre une circonférence fixe quand on arrive à des tailles pareilles.Suffit que le terrain soit un peu en pente ou que l’on tombe sur une loupe. Moi même j’ai eu pas mal de problème en essayant de faire un suivi de croissance du chêne du hibou. Je me retrouvais avec des relevés non concordants d’une année sur l’autre. Jusqu’au jour ou j’ai arrêté de la mesurer à 1,30. Je me suis mis à le mesurer au plus creux (ce que j’appelle le creux des hanches). Et là mes relevés sont devenus concordants. Alors qu’avant j’ai raconté des bêtises pendant plusieurs années.
      J’espère que tu ne l’as pas mal pris, je souhaite juste que le blog donne des indications les plus précises possible. Par exemple avant d’aller voir le châtaignier de Mouliherne, j’avais lu dans un livre qu’il faisait + de 16,90 de circonférence. Je l’avais mesuré à 11.48m à 1.30m et 14.35m au sol. C’est le genre de surprise que je veux absolument éviter. On se doit d’être un minimum sérieux avec nos lecteurs.
      Tant que l’on n’a que 2,5% de différence entre deux relevés on peut dire que c’est assez correct.
      Cordialement
      Y@nick

  9. Vingt diou !!!
    Que dire à part « Whoaaah… » et « Merci Seb ! » pour cette découverte ?!
    Ce chêne est extraordinaire, c’est dommage (mais peut etre une chance pour lui) qu’il ai été si méconnu jusqu’alors.
    La photo n°3 montre parfaitement le « poids » de l’âge pesant sur lui, et son allure compacte comme pour se cacher malgré ses dix mètres de tour ^^
    Un chêne qui restera gravé dans nos mémoires et marque d’une pierre blanche ce site qui démarre encore 🙂

  10. Je gracie tout à fait « Seb » pour ses mesures car il n’est en effet pas facile de mesurer un géant et j’ai aussi pris la bonne vieille habitude de prendre mes cotes au plus creux du tronc quand la configuration de l’arbre le permet. Malgré ces précautions, on peut trouver des différences d’une fois à l’autre. Cela n’est pas grave, du moment que l’on passe d’agréables moments auprès de nos géants, en toute sérénité. Alors je suis impatient de savoir qui me découvrira un nouveau chêne ayant une taille supérieure au chêne de la Bitte !

  11. concernant le chêne de la Bitte St Civran, un vieux et respectable compagnon à nous depuis de nombreuses années, nous avons d’autres informations qui attestent que ce chêne est beaucoup plus ancien que ce que l’on peut imaginer
    ( gravure dans livre très ancien qui estime déjà son âge faramineux )
    il a été étêté par le vent, l’orage, mais on peut imaginer sa taille d’origine colossale
    F.B.

    • Bonjour FranBoise, si vous avez des informations au sujet de cette arbre nous sommes preneurs, , faites-vous allusion à la gravure déjà présentée dans l’article? Car s’il y en a une autre ce serait bien de nous en envoyer un scan.
      Vous pouvez me contacter via la page…de contact!

      • selon l’ouvrage publié en 1930 de C.Duplan, écrit à partir d’archives et d’observations croisées par des spécialistes de l’époque, le gland à l’origine de ce colosse aurait germé, selon les estimations, avant l’an mille, sous Charlemagne ( entre 800 et 900 )
        je peux vous envoyer les pages de l’ouvrage relatifs à notre chêne de St Civran par courriel à votre @dresse personnelle
        bien à vous
        F.B

  12. Le chêne n’est plus accessible aux visiteurs, il est sur un domaine privé, gardé par un troupeau de vaches. Le propriétaire n’en pouvait plus de voir les visiteurs du chêne venir, ouvrir la barrière du champs et ne pas la refermer derrière eux, les vaches retrouvant la liberté n’était pas de son gout. On a voulu y passer aujourd’hui et les visiteurs ne sont plus les bienvenus. Dommage !

    • Il a toujours été sur un « domaine privé »
      un pré
      avec des vaches
      les visiteurs respectaient les clotûres, ne les abîmaient pas, prenaient garde aux vaches
      le chemin qui accède à cet arbre magistral a été lui aussi bien abîmé, élargi pour les quads ? par qui ? la commune ?
      élire un arbre et en faire une célébrité a des effets secondaires regrettables
      on peut comprendre le propriétaire actuel du champs qui a pris grand soin de cet arbre jusqu’à présent, apportant une étaie à l’une de ses grandes branches pour la soutenir de son grand poids et lui épargner la casse
      Ce paysan est respectable
      les curieux indélicats le sont bien moins
      cet arbre nous survivra
      et c’est tant mieux
      FranBoise

      • On peut parfaitement comprendre le propriétaire. Dans la forêt de « Brocéliande », le propriétaire du hêtre de Ponthus et du hêtre du voyageur en a aussi ras le bol des visiteurs indélicats, qui stationnement n’importe où, font du feu et piétinnent autour de ses arbres, coupent les clôtures…
        Bref, il faut savoir être respectueux envers les lieux, les arbres et leurs propriétaires.

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