L’Arbousier de l’anse des Paulilles, Pyrénées-Orientales

l’Anse des Paulilles est une magnifique petite baie nichée le long de la Côte Vermeille entre Port-Vendres et Banyuls. Ce site naturel exceptionnel de 17 hectares a fait l’objet de plusieurs aménagements avant son ouverture au public en 2008.
Au pied des vignobles en terrasses, les promeneurs peuvent admirer une flore d’une grande richesse. Quelques arbres typiquement méditerranéens atteignent de belles dimensions sans pour autant rivaliser avec des records dendrométriques.
Je vous propose de découvrir l’Anse des Paulilles à travers un arbousier, un pin pignon, un chêne liège, un tamaris et un micocoulier… avant d’aller plonger dans la Grande Bleue et visiter au retour la cave du Clos des Paulilles et ses dame-jeanne de banyuls en maturation en plein-air (ne pas faire le circuit dans le sens inverse) !

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La Maison du site des Paulilles abrite un joli petit parc arboré façon arboretum méditerranéen. Il port le nom du « Jardin du Directeur »… allez savoir pourquoi ? Il est agréable de flâner dans ses petites allées avant de se diriger vers les 3 plages du site. « Botaniquement » parlant, il faut reconnaitre que ce parc n’a rien de vraiment exceptionnel et même la Star locale, un magnifique arbousier, se trouve en bordure à l’écart des plantations. L’arbousier est un arbuste caractéristique du maquis (et des garrigues décarbonatées) du sud de la France. Il est souvent difficile de bien l’observer car il se mélange à une végétation dense. C’est au moment de sa fructification qu’il se repère le mieux : ses arbouses rouges écarlates lui ont donné le surnom d’arbre à fraises.
En revanche celui des Paulilles, outre ses belles dimensions, a l’avantage d’être bien mis en valeur ce qui permet d’observer son tronc tortueux à souhait et les lanières rouges de sa splendide écorce.
Sa circonférence à 1,3m du sol est de 1,54m, mais modifiée par l’insertion des branches. A 1,50m de haut le tour de taille est de 1,32m et à la base de 1,70m (mesures actualisées lors de mon dernier passage en avril 2018). Sa hauteur est de 10m.
Son état sanitaire semble bon malgré une grosse blessure au pied, mais les fructifications sont peu nombreuses. Les arbouses mettent un an à mûrir. Elles se consomment mais leur gout n’a vraiment rien d’extra.
Coordonnées géographiques : N 42,50049° E 003,12117° – Altitude 4m –

Arbousier-paulhilles-port-vendres3Arbousier-paulhilles-port-vendres1
Arbousier-paulhilles-port-vendres7Arbousier-paulhilles-port-vendres6
Arbousier-chateau-valandry4En s’éloignant du « jardin du directeur » par un petit chemin sableux, les familles chargées comme des mulets font généralement une dernière pause à l’ombre d’un petit bois clairsemé de vénérables pins pignons. Une pause appréciable (presque salvatrice en période de canicule) avant d’atteindre la plage.
Le plus remarquable est ce vieux pin pignon isolé à l’allure penchée, tel un parasol géant planté négligemment dans le sable. Au soleil, les grosses plaques brunes orangées de son écorce ressortent magnifiquement.
Sa circonférence à 1,3m est de 3,73m et sa hauteur de 16m (mesures actualisées lors de mon dernier passage en avril 2018).
Coordonnées géographiques : N 42,50200° E 003,12352° – Altitude 3m –

Pin parasol-paulhilles-port-vendres02Pin parasol-paulhilles-port-vendres01Pin parasol-paulhilles-port-vendres04

Et même arrivé à la plage, le naturaliste pourra encore s’extasier devant de vieux tamaris attenant  aux sanitaires de la plage des Bemardi (l’une des trois plages du site).
Sans atteindre les records de celui des Pétroliers à Port-La-Nouvelle ou celui du Patriarche à St-Cyr-sur-mer, sa circonférence de 2,26m à 1,30m du sol est tout à fait honorable (mesure actualisée lors de mon dernier passage en avril 2018). Le tamaris est décidément la vedette incontestable du littoral sableux languedocien.
Son état sanitaire semble assez bon, ce qui est plutôt rare pour un tamaris de cette taille.

Coordonnées géographiques : N 42,50470° E 003,12277° – Altitude 2m –
A noter aussi un trio de splendides pin d’Alep à l’extrémité de cette plage derrière Le Clos des Paulilles (mais j’ai perdu les photos…).

Tamaris-paulhilles-port-vendres1Tamaris-paulhilles-port-vendres2

Le chêne liège est l’arbre emblématique du pays catalan. Le département est la 1ère zone de production de liège en France. Au pied des premières collines, un splendide Quercus suber étale son houppier au milieu du vignoble de Banyuls.
Sa circonférence n’est pas exceptionnelle mais elle atteint tout de même 3,40m à 1,3m du sol. Sa hauteur totale est assez faible, 13m. (mesures actualisées lors de mon dernier passage en avril 2018).
Il est en parfait santé et n’a jamais été démasclé (ce qui est plutôt rare dans la région).

Coordonnées géographiques : N 42,50369° E 3,12065° – Altitude 5m –

Chene-liege-Paulhille-port-vendres2

Au milieu du vaste parking permettant d’accueillir la foule des estivants, un micocoulier gigantesque a été judicieusement conservé… certainement plus pour son ombre que pour son côté remarquable. En fait, il s’agit d’un double pied. Deux micocouliers accolés ont développé leur houppier sans se mélanger chacun de son côté, donnant ainsi une impression globulaire presque parfaite. Sa circonférence n’est pas facile à mesurer officiellement. Se pose alors l’éternelle question : faut-il prendre les deux pieds séparés ou les réunir ? A 1,30m du sol, la circonférence de l’ensemble fait 5,85m mais séparément nous avons deux pieds de 3,51m et 3,39m. La Hauteur totale est de 19m. (mesures actualisées lors de mon dernier passage en avril 2018).
Coordonnées géographiques : N 42,49892° E 003,12065° – Altitude 7m –

 Mais la visite du site des Paulilles ne serait pas complète sans évoquer un fait historique marquant. En effet, cette jolie petite baie paradisiaque a été le siège d’une dynamiterie créée par Nobel. Elle a fonctionné à plein régime pendant plus de 100 ans, de 1870 à 1984. La grande cheminée et quelques bâtiments restaurés témoignent de cette activité particulière.
Décidément le site des Paulilles est surprenant sur bien des aspects et mérite que l’on s’y attarde un moment avant de se précipiter vers la plage.

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9 réflexions au sujet de « L’Arbousier de l’anse des Paulilles, Pyrénées-Orientales »

  1. il parait que l’arbousier pousse bien aussi sur la façade atlantique. Tu as rencontré de beaux sujets en Bretagne ? je n’ai pas trop de référence sur cet arbuste souvent caché au milieu d’un maquis impénétrable (sauf pour les sangliers)…

    Le titre de roi du tamaris me plait bien, mais j’espère conquérir de nouveaux royaumes… celui de roi du saule me plairait bien, mais je n’arrive toujours pas à détrôner ton saule meusien… je commençais à désespérer jusqu’au jour où Tristan m’a parlé d’un salix giganteum près d’Annecy. Dès que j’ai l’occasion de repasser par là bas, je lui mets le grappin dessus 🙂

    • Tu m’intrigues avec ce saule, as-tu déjà une circonférence approximative?
      De mon côté j’en ai encore un à aller trouver dans les marais, peut-être dans la semaine prochaine, le suspense reste entier!!

      • Je ne me souviens plus précisément, il est juste environ deux fois plus gros que celui de la Meuse… Il n’y a pas de raison que tu t’inquiètes ! 🙂 🙂 🙂
        Il n’y aura plus de suspens 😉
        Le titre de roi du saule doit revenir à un castor, c’est dans l’ordre des choses !!!

        • Je ne m’inquiète pas, je suis juste curieux, car cette essence m’intéresse particulièrement!
          D’autre part, je vais mettre en œuvre un nouveau mode de calcul pour élire le roi d’une essence, je ne t’explique pas encore le détail du barème, mais il aura le cumule des circonférences des dix derniers arbres présentés dans l’essence en question pondéré par la hauteur du dernier spécimen, multiplié par un coefficient modérateur et l’âge….enfin bref avec ça c’est même pas sur que tu conserves ton titre pour le tamaris!!!!

          • Tu peux mettre tous les barèmes de calcul que tu veux, je suis confiant sur mon double royaume : celui du Tamaris et sur celui du Tulipier (presque que 9m de tour, c’est quasi impossible à à battre ). 🙂 🙂 🙂
            En revanche, tes champions ne tiennent qu’à un fil et je vais tout faire pour les détrôner : le saule meusien, le platane anglais, le hêtre et le châtaigner corse, le houx normand… et tant d’autres, tu en as vraiment trop 😉

  2. Une bien belle balade !!

    ça me rappelle un peu la Corse en terme de végétation.

    Les spécimens sont aussi beaux les uns que les autres.

    L’arbouse n’est peut-être pas très apprécié au goût à la cueillette, mais c’est un fruit qui utilisé dans diverses transformations, dévoile des arômes subtiles.

  3. Tout à fait Sisley, l’arbousier est bien représenté dans le maquis corse. Il doit même s’y trouver de beaux spécimens mais surement pas évident à dénicher tellement la végétation est dense.
    Pour les arbouses, le gout est vraiment pas terrible du tout, pas franchement mauvais mais plutôt fadasse… et honnêtement, même cuisiné ça reste très médiocre… même pour un castor affamé 😉

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