A propos des géants du piémont alsaco-vosgien , vallée de St-Marie-aux-Mines, Ribeauvillé, Haut-Rhin

Sisley nous invite à prendre de la hauteur…

« Jeudi 25 avril, l’aurore commence, Sisley n’est pas encore sur le pied de guerre, mais tout le nécessaire est prêt, cette journée sera et restera mémorable dans l’histoire de la ‘dendrodécouverte’. »

Erable sycomore  bois de l'Elendswald, Régis André (2)« En effet, cela faisait déjà quelques semaines que je guettais une ouverture possible et recueillais les dernières données pour mon expédition, mais les aléas du travail, de la météo m’ont fait repousser jusqu’à cette date, le jour J. »

« Qu’à cela ne tienne, je partirai aujourd’hui, un ciel azuré, le soleil progressant inexorablement vers le zénith et un fait beaucoup plus délicat, les bourgeons à feuilles s’ouvrant plus vite les uns que les autres, c’était maintenant ou jamais. »

le Haut-Ribeaupierre, le Girsberg et le St-Ulrich, Régis André« Donc, cap vers le piémont vosgien, côté Haut-Rhin, entre Ribeauvillé et Ammerschwir, en traversant de beaux villages changés par cette belle lumière printanière et la nidification des cigognes de clochers, tours et autres points hauts.Je distinguai enfin, les trois châteaux perchés (de gauche à droite le Haut-Ribeaupierre, le Girsberg et le St-Ulrich)  indiquant le commencement de la vallée de St Marie-aux-Mines, l’endroit visé. »

« Mais avant ça, un petit tour en ville, pour profiter du calme matinal en sillonnant les vieilles et pittoresques rues de la bourgade  Un beau patrimoine arboré et bâti, des séquoias géants ça et là, un vieux néflier et biens d’autres entre cimetière abandonné, ruelles fraîches bordées de canaux et places s’éveillant en accueillant les touristes en terrasses. Et oui, ‘la route des vins’ au printemps.(J’allais oublié, le principal but de ma tournée, acquérir un stylo, car malgré ma préparation peaufinée, cet élément n’y figurait pas Emoji) »

« Paré, je m’élançais vers le peuplement des géants, les douglas de la forêt Ribeauvillé qui avaient déjà fait l’objet d’un article dans la Krapo arboricole. »OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Point venu ici depuis 2010, je me refamiliarisais avec les lieux et entrepris rapidement d’en venir aux mesures, les derniers Douglas étaient donnés en octobre 2001 entre 50 et 60,30 m (mesures J.Guénéco, G.Colin). Je choisi le N°1 et un second, résultats très convaincants après quelques minutes de certifications : verdicts, le N°1, 3,50 m pour 62,50 m (GPS 7°16’58.5 »E /48°12’10.6 »N ) et le second, 2,70 m pour 61 m.(15 m au sud-ouest de ce dernier) »

« Double record pour le Nord-est de la France voir même pour une plus large partie. Cela dit, il est actuellement le plus grand mesuré, il se pourrait tout de même qu’en Auvergne, on arrive un peu au-dessus, en sachant qu’au niveau européen le max est 63,79 en Angleterre puis 63,33 en Allemagne. Encore loin des 99,76 m aux USA et peut-être même davantage, l’on pense que dans certaines régions il aurait pu atteindre 115 à 125 m et le maximum pour cette espèce se situerait vers 138 m, malheureusement aucunes preuves ne le démontrent, néanmoins il est fort probable que cette espèce ait dépassé le cap des 110 m. A Ribeauvillé, je pensais qu’en 12 ans, la pousse aurait été plus importante, cela dit, cette hauteur est loin d’être anodine. »

« Rendons-nous de l’autre côté, vers le bois de l’Elendswald, à la rencontre d’un autre géant. »

Séquia géant  du bois de l'Elendswald, Régis André (1) « Les indications recueillies m’amenèrent à l’emplacement voulu, et après gravi la dernière pente, je pu enfin voir entre les cimes, une qui ne pouvait me tromper, car elle appartenait à un séquoia géant et pas des moindres. »Séquoia géant  du bois de l'Elendswald Régis André

« Pour la petite histoire, il fut planté le 19 mars 1856 par le brigadier Denny, pour célébrer la naissance du prince impérial, fils de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie. Il s’agissait, suivant une ordonnance du préfet, de perpétuer « les actions de grâce rendues à la providence pour avoir, par la naissance du prince impérial, comblé les vœux des français en donnant une nouvelle garantie à l’avenir et à la prospérité du pays ».sequence=1 Séquia géant  du bois de l'Elendswald, Régis André (2)

« Au début il y en avait six, mais aujourd’hui un seul subsiste. Ce spécimen, si il ne sort pas trop du lot par sa circonférence, 4,76 m, a par contre l’honneur d’être le premier voir le second plus grand séquoia géant du continent avec 58,10 m, ce qui l’amène tout juste après ses cousins de l’ouest américain dont le plus grand fut découvert en 2011 avec 95,71 m ! »

(GPS : 7°16’10.3″E / 48°12’00.8″N )

« Et comme un record mène souvent à un autre, je vous explique qu’en arrivant, j’avais déjà repéré un superbe sycomore à proximité (première photo de l’article), en partant je décidais donc de passer aux mesures, d’abord je trouvais dans les 38, puis 41 et enfin 43,20 m en résultat final pour un tour de tronc de 2,98 m. Un chiffre plus que probant pour cette espèce qui peut atteindre les 40 m, mais pour ce qui est de les dépasser, les sujets se font plus rares. »

« Deux arbres splendides dans un contexte, où l’on pourrait écrire, l’érable qui voulait se faire aussi grand que le sequoiadendron, il est vrai que croître à son ombre a du accentuer les choses… »

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/2589/RFF_1988_4_331.pdf?sequence=1

Erable sycomore  bois de l'Elendswald, Régis André (1)Erable sycomore  bois de l'Elendswald, Régis André« Je pourrais ainsi continuer, mais je me rend compte qu’il vous faut déjà encaisser toutes ces données et puis je peux de la sorte garder des très beaux chiffres pour une autre fois. »

« Ces découvertes ont fortement consolidé mon sentiment sur le fait que le piémont alsaco-vosgien est un territoire riche et que nous n’avons pas encore tout vu ! »

« Bonne visite !! »

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6 réflexions au sujet de « A propos des géants du piémont alsaco-vosgien , vallée de St-Marie-aux-Mines, Ribeauvillé, Haut-Rhin »

  1. Cette forêt est LE territoire des géants 🙂
    Merci Sisley pour toutes ces photos qui donnent le vertige (on a bien plus mesure de leur hauteur avec un homo sapiens au pied !)
    Un sacré reportage encore, il y a peu d’articles mais sont conséquents et leur contenu plus qu’impressionnant !
    Il a dû falloir un objo grand angle de compet’ pour faire tenir tout cela sur un cliché à chaque fois

  2. Pour ceux qui souhaitent allez encore plus haut (des élagueurs ont fait deux ascensions au mois de juin) :

    http://www.petzl.com/fr/pro/news/sur-terrain/2013/07/19/en-quete-darbre-visite-arboricole-en-alsace?utm_source=facebook.com&utm_medium=petzl-page&utm_campaign=&utm_content=fr

    Leur site et d’autres photos :

    http://www.enquetedarbres.org/index.php?page=news_detail&actu_id=22

    ça fait un peu bizarre, ils ont l’habitude d’aller dans les plus grands arbres du monde et du coup, l’Alsace prend du galon dans la dendrométrie.

  3. Vous constaterez que que mes deux mesures sont erronées, mais je l’explique du fait que j’avais pris les points bas des troncs, alors qu’il faut prendre tout comme la circonférence le point médian, mais pour le Douglas, je reste cependant avec 1,55 m d’erreur, ce n’est pas peu, j’essayerai d’en comprendre plus par la suite.
    Il aurait donc pris 20 à 25 cm en 12 ans, c’est très peu, mais peut-être que l’ancienne mesure de 2001 avait une petite faiblesse..

    • Certes elles sont erronées, mais il semble que la mesure n’est pas si évidente dans un lieu comme celui-ci…
      Lors de l’inventaire de Bretagne, je ne me suis que rarement risqué à des mesures, n’étant pas équipé d’appareil, la simple croix du bûcheron n’étant absolument pas fiable!
      Quelques est la marge d’erreur de ta technique?

  4. On peut qu’avec la croix de bucheron en terrain plat, j’arrivais à me rapprocher du résultat réel à 1,5 m près, mais dès que le dénivelé s’accentue et le peuplement se densifie, les mesures deviennent quasi impossibles.

    Avec le télémètre laser, on peut dire qu’on obtient une donnée fiable à 20 cm près (le tout reste à cibler la vraie cime, chose qui n’est pas toujours évident sur des feuillus à large houppier), mais il faut souvent que pour le pied, j’utilise un mètre dépliable et un mètre ruban, le tout en équerre pour trouver le point médian de la base.
    Certains appareils sont précis au cm, mais on passe dans une autre catégorie de matériel.

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