Thurifères et voies d’escalade dans le Vercors

Les Rochers de Presles forment une longue barre de falaises au-dessus des gorges de la Bourne. Des falaises calcaires réputées pour les passionnés d’escalade et dont les voies vertigineuses attirent les meilleurs grimpeurs de toute l’Europe.

Mais ce qui fait aussi la particularité des Rochers de Presles, c’est la présence exceptionnelle de Genévriers thurifères accrochés au calcaire et jouant les équilibristes au milieu des voies d’escalade. Une présence végétale bien plus ancienne que la pratique de l’escalade et qui parvient à se faire respecter dans le petit monde des grimpeurs grâce aux efforts d’une association locale qui a su faire prendre conscience de la fragilité de cet écosystème si particulier.

Sur les Rochers mythiques de Presles, les grimpeurs ne sont pas seuls a évolué dans ce monde vertical…
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Le Prince des Ecouges : Hêtre monumental du Vercors

Le Prince des Ecouges !
C’est sous cette appellation que la revue Alpes ISHERE 😉 a signalé la présence d’un Hêtre vieux de 350 ans dans la réserve naturelle des Ecouges.
Alors forcément, lorsque je tombe sur ce genre d’info ça me fait rêver et moi aussi je veux le rencontrer Le Prince Fayard !
Mais où le trouver ?
Les indices sont bien maigres, pas la moindre photo, aucune précision sur sa localisation… juste ces quelques mots lancés sur le web !
Quelle torture !
Car il faut savoir que le territoire du Prince est immense et particulièrement sauvage.
La réserve des Ecouges est un site unique, une vallée perdue du Vercors s’étalant sur près de 10 km de long, à plus de 1000m d’altitude et totalement coupée du monde, sans aucune route…
Alors sans indice supplémentaire, les chances de trouver le vieux Fagus sont bien minces… ce serait comme chercher un chêne à gui en Forêt de Tronçais !

A moins que je m’en remette encore une fois à ma bonne étoile, celle qui m’a fait découvrir par hasard tant d’arbres remarquables, en espérant qu’il se produise un nouveau miracle dans le vallon des Ecouges. 🙂
J’attendais alors patiemment le bon moment pour me mettre en route, que le printemps soit bien installé et que la neige ait totalement disparu, avant de me lancer sur les traces du Prince perdu…

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Arbres remarquables du Gard et de Lozère, Addendum 2021.3 Yves MACCAGNO

C’est l’été, pour fêter cela Yves nous offre le fruit de ses dernières prospections!

Cet Addendum 2021.3 est disponible uniquement en téléchargement (pdf), et en exclusivité sur le blog.

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Le Micocoulier à la vierge, Ste Maxime (Var)

Trois micocouliers devant l’église d’un village méditerranéen… comme une invitation à se reposer et à palabrer sous leur ombre légère.
Il ne manque plus que les joueurs de boules et la terrasse d’un petit café pour compléter le tableau du parfait village sudiste 🙂
Mais à y regarder de plus près, un détail ne colle pas avec le décor…
La petite place de l’église de Ste Maxime présente en effet une curieuse singularité : une statuette de la Vierge a été placée dans le tronc d’un micocoulier.

Il faut savoir que si la tradition ancestrale des Arbres à la Vierge se pratique encore dans le Nord-Est de la France, elle est en revanche totalement absente en Méditerranée. Et c’est d’autant plus surprenant que cette vénération ne concerne pas un chêne, comme c’est souvent le cas.
Alors pourquoi une telle vénération pour ce micocoulier ?

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Le « chêne au gibet » de Barvaux-Condroz et le tilleul de Méan, Belgique

Retrouvons Renaud en Belgique avec un beau doublé!

On retrouve dans cette belle région du Condroz à la découverte d’un arbre à la dénomination étonnante : le « chêne au gibet » de Barvaux-Condroz. 
Situé aux confins d’une route de campagne, non loin du château de Ramezée – dont le parc privé comporte un châtaigner d’un peu moins de 7m de diamètre -, ce chêne pédonculé (Quercus robur) se trouve aujourd’hui à l’entrée d’un bois (50°19’15.88″ N 5°16’40.75″ E).

L’histoire commence le 8 juillet 1708, vers 17h lorsque Gilles Sinsin – prêtre-chapelain du château de Barvaux – est abattu d’un coup de bombarde ou d’escopette. Ayant avoué le meurtre, Lambert Dehaix est torturé, pendu et enterré à proximité du lieu de son exécution le 23 novembre 1709. Il n’est certainement pas le seul à avoir connu la même fin dans la localité, mais n’étant pas enterrés en terres chrétiennes, leurs noms ne figurent pas dans les registres de la paroisse. La personnalité de la victime explique peut-être cette exception.
Une peine capitale documentée, un vieux chêne au lieu-dit « au gibet », il n’en fallait pas plus pour rapprocher les deux… Sauf que l’histoire est un peu trop belle pour être vrai… Trois choses ne concordent pas:
– Je n’ai pas pu me procurer le texte original parlant de cette exécution (seulement une recopie partielle), mais il n’est nullement question d’un arbre dans ce texte.
– La carte Ferraris dressée en 1770 et 1778 figure bien un gibet presque à l’emplacement de l’arbre. Mais il s’agit bien d’une potence, aucun arbre n’est spécialement représenté (alors que plusieurs autres individus remarquables sont représentés dans la campagne voisine). Pour ceux qui veulent vérifier: Carte N°156 – HEURE;
N.B.: le chêne se trouve pratiquement à l’angle de la frontière entre le Duché de Luxembourg et la Principauté de Liège. Une comparaison avec le premier cadastre dressé 70ans après rend l’hypothèse du chêne marquant la frontière séduisante. À fouiller donc…
– La croissance de l’arbre est bien documentée depuis le début du XXème siècle:
1910: 464cm
1917: 492cm
1977: 544cm
2000: 562cm
2007: 566cm
2021: 587cm
Dans son livre « La mémoire des arbres – Tome 1: Le temps, la foi, la loi », Benjamin Stassen calcul grâce aux dates de 1910 et 2000 une croissance de 99cm en 90, soit 1,1cm/an. Il estime son âge a 300ans (et non « 375 à 400ans » comme indiqué sur le panneau sur l’arbre). Toujours est-il que son estimation relayerait l’arbre à l’état de jeune plant au moment des faits… si toutefois il avait déjà germé! Impossible donc qu’il ait pu servir pour des pendaisons à l’époque.
Ces éléments poussent donc à croire que le vieux chêne n’est pas lié au gibet. Ils ne devaient pas être connus (ou pris en considération) lorsque l’arbre a été classé comme site le 20 décembre 1979… Classer un arbre comme site reste une chose rare: seul une trentaine d’arbre ou groupes d’arbre ont cette chance… mais il s’agit souvent d’arbres insignifiants qu’on a cherché à protéger d’un abattage à court ou moyen terme…
Son classement comme site aura toutefois un avantage: si il doit être abattu (la vétusté est le seul motif valable), il devra obligatoirement être replanté par un individu de la même espèce.
Maintenant que nous avons parlé de son histoire (supposée) et son statut juridique, venons en a ma visite: sans surprise, j’ai découvert un chêne dépérissant: les 3/4 de l’écorce sont mortes ou tombés. Ça descente de cime est récente vu la taille des branches mortes encore en place. Toutefois, il n’est pas encore complètement mort: le petit quart d’écorce encore vivant alimente encore quelques branches du côté Sud de l’arbre, le seul côté où il n’est pas entouré d’arbres plus grands qui lui font concurrence. Au moment de ma visite, il commençait tout juste à bourgeonner.
J’ai mesuré 587cm à1m50 (je ne m’explique pas cette hausse alors qu’il semble avoir perdu récemment une partie de son écorce).
J’ai aussi mesuré 562 cm à 1m25 (une mesure de 542cm à 1m25 est indiquée sur le panneau sur le tronc. Elle a probablement été relevé peu avant le classement, peut-être en 1977 donc).
Si il ressort de ma visite que cet arbre n’a probablement aucun intérêt historique, cela reste un beau gros chêne qui tire doucement sa révérence loin des regards mais dont on peut au moins être certain qu’il sera remplacé…

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Tant que nous sommes dans le coin, parlons d’un tilleul situé 6km plus loin à l’entrée d’un cimetière: le tilleul de Méan.
Ayant atteint 6m85 en 1985, ce tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos) est pourtant passé par la très petite porte: l’usage excessif d’herbicide – qui emportera l’autre tilleul situé à l’angle Nord-Est du cimetière – puis un violent coup de vent qui abat une partie de la ramure le 23 juillet 1988 ont bien failli lui être fatal. La taille sévère qui a été pratiqué ensuite semble lui avoir été profitable: lors de ma visite, l’ensemble de la ramure commençait à bourgeonner et les différentes parties du pan-de-bois restant sont vigoureuses.
Toujours dans son livre « La mémoire des Arbres-Tome1 », Benjamin Stassen voit en lui un arbre à plaies du fait de son emplacement à l’entrée du cimetière et de sa proximité avec l’église (même si elle ne date que 1874 et qu’on ne connait pas son ancien emplacement). Si une inspection attentive du tronc restant ne montre aucun clou ou ex-voto, je remarque quand-même qu’un autre tilleul a été planté juste devant la porte de l’église, endroit idéal pour perpétuer cette tradition!
Pour ce qui est des mesures, j’ai relevé 486cm à 1m50. L’arbre me parait vigoureux et semble avoir terminé sa déformation dû à la perte d’une partie de son tronc.
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La référence du livre cité:
STASSEN Benjamin. 2003. La mémoire des arbres – Tome 1: Le temps, la foi, la loi. Sans lieu. Racine. 315p

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