Le vénérable charme fastigié de Rouen, Seine-Maritime

Deuxième arbre remarquable du square Verdrel de Rouen [1] [2], ce charme naturellement fastigié a été découvert en 1850 à Bois-Guillaume qui se situe au Nord de Rouen. A l’époque les charmes fastigiés étaient très rares, c’est pourquoi il fut décidé en 1885 de le transplanter en face du musée des beaux arts de Rouen ; dans le jeune Jardin de Solférino d’alors qui entamait cette année là ses 22 ans d’existence.

Charme square Verdrel Levillain Damien (7)

Malheureusement, cet arbre est désormais une relique puisque aujourd’hui mort. Étrangement, aucune source ne signale quand cette dernière a pu survenir. Un article le présentait encore vert en avril 2012 [3], mais rien ne prouve que la photo tronquée date de ce moment-ci. En tout état de cause, le blog Histoire d’arbres avait traité son cas en décembre 2010 et sa structure montrait déjà d’alarmants signes de faiblesse. Sa mort remonte à l’automne 2013, comme on peut le constater sur Google Street (voir dans les commentaires). Cela n’a semble t-il ému personne dans la ville.

Ce vénérable charme n’en reste pas moins superbe et impressionnant, et je suis heureux qu’il soit resté en l’état pour le moment. Le dispositif qui haubane solidement ses branches est toujours là lui aussi, bien que remontant à son vivant. L’écorce de l’arbre se décolle un peu plus du bois chaque jour, il sonne « creux » et une mousse verte recouvre ses rameaux. Plusieurs champignons lignivores s’attellent en outre à décomposer le bois mort, et les anciennes cicatrices se creusent de plus en plus.

Il s’est donc éteint au terme d’une vie d’environ 160 ans. Durée exceptionnelle pour un charme et encore plus vraie pour un arbre urbain. La pollution, la sécheresse, le tassement du sol et autres travaux de voirie lui ont certainement ôté dans l’absolu quelques années de vie. La circonférence est quant à elle à l’image de l’arbre, exceptionnelle. Il mesure à la base 6m70 et Seb l’avait mesuré à 6m81 en 2010, à une hauteur de 25cm. Au cœur du défunt, une chape de ciment recouvre une cavité repérée dans le passé par nos amis reporters.

Même mort, il reste pour moi un sujet de premier plan digne d’intérêt, d’autant plus qu’il ne lui reste sûrement que quelques mois ou années avant d’être définitivement abattu pour raisons de sécurité. Un Carpinus comme l’on en trouvera plus, ses contemporains étant trop souvent des variétés créées de toutes pièces.

Localiser sur la carte ici

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10 réflexions au sujet de « Le vénérable charme fastigié de Rouen, Seine-Maritime »

  1. Quel dommage! La mort ne doit pas remonter à bien loin, il semble y avoir encore de nombreuses brindilles fines. En plus, on voit qu’ils ont tenté de protéger le sol du piétinement avec des barrières (qui semblent neuves) et des copeaux, je me demande même s’il n’y a pas un arrosage automatique au pied (tuyau noir? 3eme photos de la première galerie).
    D’autre part je doute que la municipalité laisse un arbre mort sur pied bien longtemps dans un lieu si fréquenté.
    Je ne connais pas l’historique du lieu, mais l’esplanade n’aurait-elle pas été modifiée (le mobilier urbain semble récent), d’éventuels travaux de pavage auraient pu endommager les racines, l’arbre étant proche du dallage?
    Bref, encore un vénérable qui tire sa révérence!

    • Non la mort remonte tout au plus à trois ans, et comme il a l’air impeccable je dirais qu’il est mort l’hiver dernier et n’a pas reverdi au printemps de cette année…
      Les barrières sont neuves en effet, l’arrosage automatique concerne les massifs (un seul tuyau de cette nature ne peut arroser un tel arbre) ; et je pense aussi que la coupe définitive sera faite très bientôt.
      L’esplanade a moins de deux ans Yannick, on remarque sur le blog histoire d’arbres que le lieu a beaucoup changé en si peu de temps. De gros travaux de réfection et de modernisation ont bien été menés sur la place et cela a nuit aux racines c’est certain.
      Quant à la liste, il s’agit du lien [3] donc oui je l’ai vue 😉

      • Je n’avais pas suivi ce lien…
        J’ai du mal a voir sur les photos si le pavage est différent, quand au tuyau il aurait pu n’être que la partie émergée d’un réseau plus important…
        C’est malheureux et absurde que des travaux « d’embellissement » viennent mettre à mal les éléments végétaux les plus importants d’un site, il semble que les concepteurs et les entreprises exécutant les travaux ne tirent jamais de leçons de leur erreurs, puisque le scénario se répète sur la plupart des chantiers…

        • Le pavage est du même style mais cette extrémité du parc a été remaniée ; là où avant il y avait de la terre battue ils ont mis l’espèce de gravillon rougeâtre que l’on voit un peu partout. En outre vu le mobilier urbain rajouté (porte-vélo, sculpture, bordures refaites etc) des engins sont nécessairement venus rouler sur les racines de notre arbre, voire même les chatouiller avec des godets. A Rouen les choses se font toujours en grand…

  2. Une triste fin pour ce vénérable.
    Un charme de cet envergure est vraiment exceptionnel. C’est comme un monument de Rouen qui disparaît.
    Je ne connais pas Rouen, était-ce l’arbre « symbolique » de cette ville (chaque ville a son arbre vedette) ?
    Et le devenir de sa belle silhouette semble tout tracé… Je vois mal une municipalité prendre le risque de laisser un arbre aussi branchu et dans une zone aussi passante dans cet état…

    • Rouen compte quelques arbres remarquables, mais ce charme était le plus emblématique. On ne pourra pas le remplacer… Il ne restera pas ainsi encore des mois, c’est certain

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