Les vieux oliviers de La Farlède, Var

Accolée au pied du Coudon près de Toulon, il existe une petite plaine agricole cernée par les zones commerciales qui fait de la résistance face à la pression urbaine.
A l’origine, une vaste oliveraie devait s’étaler sur cette plaine fertile traversée par un ruisseau capricieux, le Régana.
Mais d’autres fruitiers sont venus concurrencer l’arbre immortel et il ne reste de nos jours que quelques lambeaux de l’oliveraie d’origine.
Je vous propose d’aller flâner un moment à travers ces petites parcelles reliques.

La parcelle la plus connue est ouverte au public. L’Oliveraie des Laures (ou Oliveraie royale du Partégal) est un domaine racheté par la commune de La Farlède pour sauvegarder et mettre en valeur les 800 oliviers enracinés dans cette terre depuis des siècles. Elle est réputée comme la plus belle oliveraie du département. Certains oliviers seraient âgés de 650 ans ! Ils ont échappé au gel de 1956 grâce à la montagne du Coudon qui protège la plaine des grands froids.
Un endroit magique où chaque arbre suscite l’émerveillement et dont la forme extravagante des troncs, tels des sculptures vivantes, laisse libre court à l’imagination des visiteurs.
J’ai remarqué d’ailleurs que la fréquentation était assez soutenue tout particulièrement au petit matin. « A l’heure où blanchit la campagne » (ce qui est en fait rarement le cas ici !), un drôle de manège débute. Les voitures défilent à tour de rôle sur le petit parking. Etrangement, les visiteurs ne s’attardent pas plus de 5-10 minutes dans ce petit coin de paradis. Ce sont pour l’essentiel des habitués qui semblent animés d’un rituel bien précis : celui de laisser vagabonder librement dans l’oliveraie leurs amis canins pour qu’ils fassent leurs besoins… Pourquoi pas, nous sommes dans un domaine public, à chacun son objectif de balade…
Du coup, en errant au milieu des oliviers j’ai l’impression de passer pour un extra-terrestre puisque mon objectif de balade est de partir à la chasse (sans chien !) aux arbres remarquables. Finalement, après de longues minutes d’errance, je jette mon dévolu sur un olivier présentant un joli tronc non divisé à la base et qui pourra me servir de référence dendrométrique. Son tour de taille à 1,3m de hauteur est de 4,60m.
L’état de santé de l’oliveraie semble bon, même si on remarque les traces d’un ancien feu venu grignoter la base des souches de certains vénérables. Il est difficile d’estimer la date du passage de ce sinistre tant les marques du feu restent longtemps sur les arbres.


 Note : pour ceux qui sont en manque de sensations fortes, une petite balade nocturne dans l’Oliveraie des Laures devraient les enchanter. J’imagine qu’au clair de lune ces vieux troncs tordus doivent prendre l’aspect de silhouettes fantasmagoriques effrayantes… Frissons garantis !



A quelques centaines de mètres en aval du ruisseau, au lieu-dit Les Pioux, une autre parcelle présente une oliveraie d’un âge et d’un aspect similaires à celle des Laures. la surface est plus petite, environ un tiers d’hectare, mais les oliviers sont tout aussi spectaculaires. En revanche, il faudra se satisfaire de les admirer depuis la petite route puisque la parcelle est privée.
La mesure de la circonférence de l’olivier en photo ci-dessous est d’environ 5,5m à 1,3m de hauteur. Mais précisons que la mesure est faussée par la morphologie de l’arbre. Il présente en effet trois pieds ayant tendance à s’écarter de la base.

Mais l’olivier le plus spectaculaire que j’ai pu rencontrer dans cette plaine oléicole se trouve au milieu d’un lotissement, sur le Chemin du Milieu. Il s’agit en fait d’un résidu d’oliveraie dont il ne reste plus qu’un alignement de quelques pieds. L’un d’entre eux est vraiment remarquable avec sa  circonférence de 5,87m à 1,3m du sol.

Si vous voulez rester dans le thême de l’olive, sachez que La Farlède compte aussi deux très anciens moulins à huile toujours en activité et ouverts au public : le Moulin du Partégal et le Moulin Guiol.

Maintenant que vous avez découvert la plus belle oliveraie du Var, je vous propose de découvrir dans un prochain article les plus vieux oliviers du département… A suivre ! La saga des oliviers continue !

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4 réflexions au sujet de « Les vieux oliviers de La Farlède, Var »

  1. hi hi sur la 2e photo on dirait qu’ils (les oliviers) se pressent tous pour traverser la petite route 😉 ou alors c’est qu’ils voulaient tous être sur la photo du seul chasseur sans chien.
    Sans rire ils sont impressionnants ces oliviers multiséculaires parce que chez nous depuis 1956 on a plus que leurs rejetons…..

    • Oui c’est presque ça ! en fait, lorsque les oliviers ont appris que le castor masqué allait faire un article, ils ont tous voulu être sur la photo et ce sont agglutinés sur la photo n°2, lol ! 😉

      Tu crois que le gel de 1956 n’a épargné vraiment aucun olivier du Gard ? Il y avait peut-être des endroits mieux protégés où certains oliviers n’ont pas été touchés ? Attendons l’arrivée prochaine du tome 2 des Arbres du Gard, je suis sûr qu’Yves Maccagno nous aura déniché quelques perles sur ce sujet 🙂
      En tout cas dans notre département voisin de l’Hérault, nous avons un village béni : Roquebrun surnommé « le petit Nice de l’Hérault » à cause de son micro climat très doux. Et juste à côté à Cessenon on a la chance de pouvoir encore profiter de deux vénérables oliviers spectaculaires, qui avaient fait l’objet d’un article par Y@nick en 2012 :
      http://lestetardsarboricoles.fr/wordpress/2013/01/08/les-deux-oliviers-de-lugne-cessenon-sur-orb-herault/

  2. Vraiment magnifique, quelle chance que ce petit coin ai échappé au gel, cela donne un aperçu de ce que devaient être les paysages d’autrefois.
    Il serait tout de même étonnant qu’il n’y ai pas quelques sujets à avoir survécu.

  3. Merci Castor, je connaissait l’existence de l’Oliveraie des Laures, mais je n’avais pas trouvé de belles photos (comme tu nous les fait partager) des Oliviers.

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