Quelques arbres monégasques, Monaco

Réédition de l’article suite au piratage.

Des arbres remarquables à Monaco ? Ce n’est pas ce qui vient en premier à l’esprit lorsqu’on évoque la Principauté… Et pourtant, en parcourant ce minuscule territoire vous risquez bien d’être surpris par la richesse et la diversité incroyable de ses parcs.

Je vous propose la visite de trois sites remarquables pour vous convaincre que le Rocher d’Albert ne se résume pas au luxe, buildings et à la Formule 1.

Trois jardins, pour trois styles totalement différents : Les Jardins du Casino, le Jardin exotique et le Jardin japonais.

En revanche, mes visites et photos ne sont pas toutes récentes, elles remontent à une dizaine d’années, alors si des lecteurs avaient quelques nouvelles plus fraiches ce seraient génial de les partager dans cet article, merci.

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Débutons la visite par le cœur de la Principauté, celui qui a fait sa réputation dans le monde entier et vu défiler toutes les plus grandes célébrités (même James Bond y est venu !), il s’agit bien-sûr du célèbre Casino.

Les castors n’ont pas le droit d’y entrer… mais les Jardins du Casino sont publics et en entrée libre pour tous (même en short et en tongs) ! Un magnifique espace de verdure découpé en deux parties bien distinctes.

Tout d’abord, le Jardin à la Française des Boulingrins avec ses allées aux lignes parfaitement dessinées et son étonnant miroir géant servant de reflet au majestueux Casino. Les aménagements du jardin datent de 1865, en même temps que la construction du Casino et de l’Hôtel de Paris.
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Mais la partie la plus surprenante se trouve à la suite, dans le Jardin de la « Petite Afrique » avec ses espèces tropicales étonnantes.

Dans cette partie du parc je vous avais déjà présenté sa vedette, l’un des tout premiers Wollemia nobilis arrivé en Europe (cf. l’article qui lui a été consacré ici).  Sa plantation le 6 septembre 2006 a été un véritable évènement. Elle a été réalisée par son Altesse Sérénissime le Prince Albert II en présence de l’Ambassadeur d’Australie en France… Dans ces conditions, ce Pin de Wollemi entre directement dans la catégorie des « Arbres remarquables » de Monaco !!!
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La suite du parc est tout aussi intéressante. Il est rare de pouvoir découvrir desmonaco5 espèces tropicales aussi bien acclimatées en extérieure sous nos latitudes. Des arbres aux contreforts puissants et avec des racines aériennes démesurées. Je ne connais  pas le nom de ces espèces, mais elles ressemblent à des ficus tropicaux comme on peut en voir dans les parcs en Espagne ou au Portugal. Celui de gauche est peut-être Ficus macrophylla et celui de droite peut-être le Figuier des banians (Ficus benghalensis), mais je n’en suis pas sûr… Si un lecteur connaisseur de ces arbres tropicaux pouvait confirmer leur identification ce serait super !

monaco4En 2013, des travaux d’aménagements se sont déroulés dans le jardin mais ne semblent pas avoir concerné les arbres et arbustes.

Après la « Petite Afrique », je vous propose de changer totalement d’ambiance. Sur les hauteurs escarpées de la Principauté, un espace est entièrement dédié aux plantes des régions semi-arides (pour l’essentiel d’Amérique). Le Jardin Exotique de Monaco (JEM pour les intimes…) est une référence unique au monde dans ce domaine.

Ce jardin a été aménagé en 1933 sur 1,5 hectares dans une pente raide et offre de splendides panoramas sur le Rocher et la Riviera. Il est connu dans le monde entier comme « la plus grande rocaille à cactus du monde ». Mais pour être précis, il faudrait parler de plantes succulentes et non de  plantes grasses. Elles ont la faculté de résister à de longues périodes de sécheresse en stockant de l’eau (du suc) dans certaines parties de la plante. On s’éloigne un peu du sujet du blog, mais pas tant que ça… car certaines plantes peuvent vivre très longtemps, prennent une forme arbustive et se lignifient en vieillissant. On se rapproche donc de nos ligneux ! Ouf, je ne suis pas hors-sujet…

D’ailleurs, ce magnifique Chorisia insignis (maintenant classé dans les Ceiba) à l’entrée du Jardin exotique a plus la physionomie d’un arbre que d’un cactus. Un petit arbre succulent hérissé de

puissants aiguillons et renflé à la base pour constituer ses réserves. Il est originaire d’Argentine où on lui a donné le surnom de « Palo borracho » (le poteau ivrogne) à cause de ses tiges partant dans tous les sens. Il est à feuilles caduques et sa magnifique floraison blanche arrive en décembre, comme un cadeau de Noël.
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Dans la famille des cactées (tous originaires d’Amérique), les formes sont très variées : raquettes (oponces), globulaires ou candélabres (cactus cierges).
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Près du Chorisia, un petit groupe d’Echinocactus grusonii (au surnom de coussin de belle-mère…) a pris des proportions absolument uniques en Europe. Il est âgé de 150 ans !!! Et en descendant le chemin vers la Grotte de l’Observatoire, on ne peut que s’émerveiller face à la dimension de certains cactées, parfois centenaires.
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Pour finir dans un espace de calme et de zénitude, rendez-vous dans Le Jardin Japonais de Monaco. Ici, l’harmonie entre la pierre, l’eau et le végétal a été murement réfléchie. Ce Jardin a été créé dans le respect des principes les plus stricts de la pensée zen. Il représente « une copie stylisée de la grande nature », c’est une véritable œuvre d’art ! Il a été conçu par l’architecte paysagiste Yasuo BEPPU et réalisé par des ouvriers nippons venus spécialement à Monaco. Tous les matériaux et végétaux ont été sélectionnés scrupuleusement. Au moment de son inauguration en 1992, un grand prêtre shintoïste est venu le bénir…

Même si je ne comprends pas grand chose au concept, un tel soin apporté à sa réalisation ne peut que laisser admiratif. On s’y déplace presque sur la pointe des pieds pour ne pas rompre l’harmonie du lieu ! En revanche, nul besoin de sortir son décamètre ou dendromètre, toutes les plantes sont plutôt dans le style bonsaïs ou buissonnantes…
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Le manque de place a toujours représenté un véritable casse-tête pour l’aménagement de ce minuscule territoire. Mais les espaces verts et tout particulièrement les arbres n’ont pas été sacrifiés face à la pression de l’urbanisme. Bien au contraire, les parcs représentent 20% de la surface de la principauté (soit 47 hectares) et les arbres ont reçu un statut tout particulier pour les protéger : Le Code de l’Arbre.
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Une affaire prise très au sérieux suite à la décision d’une Ordonnance Souveraine de préserver ce patrimoine arboré indissociable d’un bon cadre de vie. Le texte date de 2011 et parmi toutes les mesures mises en place, on peut retenir qu’aucun arbre ne peut être supprimé sans l’avis de la Direction de l’Aménagement Urbain et que sur les zones de chantier, des dispositifs de protection des zones racinaires soient mis en place.

En décembre 2010, un inventaire très précis de tous les végétaux (arbres, arbustes et autres plantes exotiques) a été réalisé sur le territoire. Une fiche par arbre a été éditée associée à une multitude de renseignements (espèce, relevé GPS, âge, circonférence, hauteur, état sanitaire…) ce qui permet un suivi très précis et régulier du patrimoine arboré (tous les détails dans le pdf associé au code de l’arbre). A la suite de cet inventaire, un millier d’arbres ont reçu le statut d’arbre « patrimoine ». Ce qui leur attribue notamment des mesures de protection en cas de zones de chantier : « un périmètre de protection inviolable autour du houppier et d’un tréfonds inviolable ».
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On ne peut que se réjouir de trouver une telle richesse et diversité dans un cadre aussi urbanisé que la Principauté de Monaco et la mise en place de ce « code de l’Arbre » est une magnifique initiative pour la préservation de ce patrimoine.

 

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