Les Jumeaux de l’autoroute A9, St Aunès (Hérault)

En cette période de grand chassé croisé sur nos routes de France, regardons de plus près les deux arbres les plus célèbres de l’autoroute A9.
Deux cyprès, plantés sur une butte (le Pioch Palat) dans la zone artisanale de St Aunès à l’entrée Est de Montpellier et bien visibles depuis l’autoroute A9. Et ceux qui voyagent en train ne seront pas en reste puisqu’ils sont même visibles depuis la ligne TGV !
Malgré leurs dimensions plutôt modestes, presque ordinaires, ils sont parmi les arbres les plus remarquables de l’Hérault. Ils représentent un fantastique repère visuel, un marqueur de paysage de premier choix…. et ont vécu une histoire bien mouvementée !

Il est bien rare de connaitre avec autant de détails toute l’histoire d’un arbre remarquable. Mais les cyprès jumeaux de St Aunès sont des arbres à part, leur notoriété dépasse largement les frontières du département.
Ils ont même fait l’objet d’une expo photos en Asie et dans le métro de New-York ! Incroyable, non ?
Le site de Pioch Palat, bien avant le tracé de l’autoroute et l’implantation de l’affreuse zone artisanale à son pied, a toujours séduit les artistes peintres régionaux. Du sommet de la colline, la vue s’étend du Pic St Loup aux rivages de la Méditerranée.
La silhouette des deux cyprès a même servi de point de départ au film « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda sorti en 1985. Le personnage principal, incarné par Sandrine Bonnaire, est retrouvé mort de froid au pied des deux arbres.
A voir l’interview d’Agnès Varda sur le site de Pioch Palat en 2015, 20 ans après la sortie du film : ici.
Le symbole des deux cyprès est également utilisé sur les étiquettes de certaines bouteilles de vin produites localement (comme c’est le cas avec le Cade d’Opoul dans les Pyrénées Orientales).
Je pense qu’en matière d’image, on peut difficilement faire mieux !
Et pourtant, ces cyprès reviennent de loin… Ils ont bien faillit disparaitre à plusieurs reprises au cours de leur existence.
Ils ont été plantés en 1798 par Jacques Pagès, vigneron de Vendargues.
Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont voulu les couper. Ils suspectaient un lieu de rassemblement de la résistance sur le site de Pioch Palat et pensaient aussi que les deux cyprès représentaient un point de repère sur les cartes d’état major des armées alliées (ce qui était surement vrai, puisque les deux arbres sont positionnés de nos jours sur la carte IGN).
Après avoir échappé par miracle à l’armée allemande, ils ont résisté au terrible gel de 1956 qui a fait tant de ravages dans les oliveraies.
Ils ont bien failli disparaitre ensuite au moment du tracé de l’autoroute en 1966. En effet, une partie de la colline a été utilisée comme terre de remblai.
Quelle histoire !
Alors, le département décide de racheter en 2016 la colline de Pioch Palat pour protéger les cyprès… et créer la zone d’activité économique à proximité 😉

 La terre est maigre sur cette colline et les réserves en eau bien faibles. Les Jumeaux, pourtant âgés de 220 ans, ont une taille qui plafonne respectivement à 11 et 12m de hauteur. Leur circonférence, mesurée à 1,3m du sol, n’atteint que 2,21m et 1,53m. En conditions difficiles, la croissance des cyprès est vraiment très faible et on comprend mieux pourquoi il est si rare d’en trouver dépassant les 3m de circonférence.Après l’article sur les Eucalyptus du terrible rond-point des Capitelles à Nîmes, vous avez désormais un nouveau moyen d’aborder sereinement cette portion d’autoroute perpétuellement encombrée : la contemplation des Jumeaux de l’A9, mais seulement entre deux rapides coups d’œil  à la voiture que vous suivez 😉
Je vous avez prévenu, avec Castor Futé, vous allez aimer les bouchons !

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Une réflexion au sujet de « Les Jumeaux de l’autoroute A9, St Aunès (Hérault) »

  1. Dis donc Castor t’as passé un contrat avec les carrossiers du coin que tu veux absolument nous faire avoir un accrochage avec les (trop?) nombreux véhicules qui sillonnent les routes du Gard et de l’Hérault, en attirant notre attention sur les arbres qui ne traversent pas les routes que l’on emprunte ? 😉
    C’est vrai que ces jumeaux sont un formidable marqueur de cette autoroute (presque aussi vieille que moi). Ils font partie du paysage, mais je n’y suis pas passée depuis qu’ils sont cernés par l’horrible zone commerciale (…tant mieux….)
    Merci pour la belle histoire.

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