Trois chênes remarquables en Saône-et-Loire

La Côte-d’Or peut être fière d’avoir sur ses terres « Le Chêne parfait » , connu sous le nom de Mister Quercus pour les intimes !
Mais il serait dommage de se limiter à la pâture de Lacanche, la Bourgogne regorge d’autres chênes tellement fantastiques qui méritent aussi notre admiration.
Plusieurs d’entre-eux ont déjà fait l’objet d’articles sur nos blogs arboricoles, je vous propose alors de compléter la longue liste des chênes bourguignons par une petite balade dans le département de la Saône-et-Loire à la découverte de Quercus champêtres dignes de prétendre légitimement au titre de Roi des Pâtures ! 😉

Premier arrêt de la tournée près du Château de Sommant, en bordure des Monts du Morvan. C’est mon chêne bourguignon préféré, l’un des plus vieux avec une écorce magnifiquement marquée par les vicissitudes du temps. Sa forme « semi-champêtre » laisse supposer que son environnement a évolué plusieurs fois durant ses 3 siècles d’existence, probablement des alternances de boisements et de défrichements… On peut se demander alors pour quelles raisons et sur quels critères certains chênes étaient épargnés de la hache du bûcheron : pour la production de glands pour nourrir les cochons, pour l’ombrage des bêtes, comme réserves de bois… ?
Ces vieux chênes prennent de nos jours une autre valeur, celle d’être les témoins d’une vie pastorale passée.
En septembre 2017, sa circonférence prise à 1,3m du sol côté amont est de 7,49m (7,55m à 1,5m de haut). Une dimension peu fréquente mais qui ne lui permet pas d’entrer dans la catégorie des chênes colosses (au-delà de 8m de tour). D’ailleurs, il est étonnant de constater qu’aucun chêne bourguignon ne peut prétendre au titre de « colosse ».
Côté santé, le « presque colosse » montre déjà quelques signes de faiblesse.
Plusieurs blessures au pied représentent une porte d’entrée pour les champignons lignivores. En passant en septembre, je découvre plusieurs Fistulines hépatiques (ou langues de bœuf), ce champignon responsable d’une « pourriture brune » qui colorie le cœur du bois sans pour autant en modifier la structure. Les chênes attaqués par ce champignon sont appelés « chênes bruns » et sont recherchés par les ébénistes. Mais halte là, on ne touche pas au plus beau chêne de Bourgogne, même s’il a le cœur brun !!!

Pour la suite de la tournée, on quitte le Morvan direction la Bresse. De l’autre côté de la Saône se trouve le plus gros chêne de Bourgogne !
Lessard-en-Bresse est un charmant village qui a su conserver son habitat traditionnel bressan. Voilà un bel effort de sauvegarde du patrimoine qu’il convient de souligner mais qui ne devrait pas occulter la richesse de son patrimoine naturel tout aussi exceptionnel. En effet, tout proche du cœur du village, trône au milieu d’une prairie un chêne monumental au pied énorme ! Vraiment énorme, mais… ramifié assez bas. On peut supposer qu’il s’agit en fait de la fusion de plusieurs troncs. Par conséquent, son âge ne serait pas si élevé, à peine 250 ans selon l’inventaire des arbres de Bourgogne.
En juillet 2017, sa circonférence mesurée à 1,3m de hauteur est de 7,52m (7,59m à 1,50m du sol).
Sa hauteur totale reste conforme à ce que l’on peut observer pour un chêne champêtre : 23m.
Son état sanitaire est excellent, mais la présence des chevaux à proximité n’est pas très encourageante… Il faut bien admettre que le meilleur ami de l’homme n’est pas de bonne compagnie pour nos amis ligneux. A surveiller !

Mais ce qui est rigolo, c’est que ce chêne reste totalement méconnu localement. A tel point que pour les habitants du village, le gros chêne de Lessard-en-Bresse est  en fait celui qui se trouve en limite de propriété du Château, le long de la « rue du chêne » près du cimetière. Voyons, un peu de sérieux tout de même ! Il s’agit certes d’un joli chêne de 5,45m de circonférence mais qui ne joue pas dans la même catégorie que le Géant du Pré de La Troche et ses 7,50m de tour !

Finissons notre tournée par un chêne champêtre de toute beauté, considéré par la presse locale comme le plus beau chêne du Morvan.
Un marqueur de paysage qui se détache magnifiquement à l’horizon depuis la route menant à Lucenay l’Evêque. En plus de la belle forme régulière de son houppier, il présente la particularité d’avoir une base de pied éléphantesque, aussi large que celle des séquoias.
En septembre 2017, sa circonférence mesurée à 1,3m de hauteur est de 6,15m, mais chute rapidement à moins de 6m à 1,5m de haut. En revanche, la base du pied fait 10m de tour !
Son état sanitaire est excellent. Le beau chêne semble bien s’accommoder de la compagnie envahissante des moutons qui ont pris l’habitude de s’agglutiner à l’ombre de son  houppier en période estivale. On trouve d’ailleurs une impressionnante couche de déjection tout autour du pied !

Et pour ceux qui ont eu le courage d’arriver au bout de cet article, j’ajoute gratuitement un quatrième chêne, c’est cadeau pour les fidèles lecteurs, ne me remerciez pas ça me fait plaisir 🙂
Voici une vue du splendide houppier du Chêne des Minots à Montcenis (circonférence à 1,3m = 5,53m).

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2 réflexions au sujet de « Trois chênes remarquables en Saône-et-Loire »

    • Il y a un potentiel de ouf en Bourgogne !!! C’est toujours un plaisir de se balader dans ce joli petit coin de France, avec un coup de cœur particulier pour ce département de la Saone et Loire.
      🙂 🙂 🙂

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