Le Chêne Saint-Joseph, la Vollerie, La Poitevinière. (Maine-et-Loire)

Le chêne têtard reste le roi de nos départements bocagés et de leurs haies. Du moins ce qu’il en reste. Combien Gilles nous en a-t-il fait découvrir quand il résidait encore en Maine-et-Loire et comment celui-ci a-t-il  pu lui échapper ?

Le chêne de la Vollerie flirte pourtant avec la catégorie des colosses. Du moins pour le moment. Car s’il reverdit encore tous les ans cet arbre est en fin de vie. Les amas de sciures importants à son pied ne trompent pas. Il est infesté de toutes parts par les capricornes et lucanes. Des lambeaux d’écorce desséchée se détachent sur de grandes surfaces et si ce n’était suffisant les champignons lignivores viennent à la rescousse pour accélérer la fin inéluctable de ce séculaire.

Ce chêne n’est plus aujourd’hui au milieu d’une haie mais dans la cour d’une ferme. Et c’est la grand-mère de l’actuel propriétaire qui déposa une petite statue de Saint-Joseph pour protéger son petit-fils. Celui-ci a fait haubaner la couronne de l’arbre pour éviter que son tronc creux n’éclate sous le poids d’un houppier dont l’élagage a été abandonné depuis trop longtemps. Pour le moment les câbles font leur travail. Souhaitons que Saint-Joseph fasse le reste pour sauvegarder ce chêne encore quelques années.

Lors d’un inventaire en 2003 cet arbre a été mesuré pour 7,60 m de circonférence. Certainement au plus creux. Je l’ai mesuré pour 8,12m à une hauteur de 1,30m en février de cette année.

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8 réflexions au sujet de « Le Chêne Saint-Joseph, la Vollerie, La Poitevinière. (Maine-et-Loire) »

    • Bien vu Pat,
      Apparemment il n’existe pas de saint protecteur des arbres. Il y a bien saint Fiacre pour les jardiniers mais lui c’était un défricheur les arbres tombaient sous sa bêche parait-il.

  1. Sacré morceau, mais malgré les capricornes et les champignons, il ne semble pas si mal en point ! On peut raisonnablement espérer encore bien des décennies de vie pour cet ancêtre.

  2. Un magnifique colosse bien mis en valeur 🙂 🙂 🙂
    C’est étonnant qu’il n’ait pas été mentionné plus tôt sur nos blogs arboricoles, il y a encore des chênes de ce gabarit à découvrir dans nos campagnes, c’est encourageant !

    Je rejoins l’avis de Yannick, son aspect présenté sur les photos le montre dans un état sanitaire globalement bon, sans gros signes de dépérissement.
    Penses-tu que cette attaque de capricornes pourraient être la cause de la mortalité d’un tel colosse ?
    Ces attaques de capricornes sont très fréquentes, ils font même parti de tout le cortège écologique vivant sur les vieux chênes, en revanche, je me demande s’ils peuvent vraiment terrasser à eux seuls de si vieux arbres ?
    Dans le Vaucluse par exemple, on accuse souvent le capricorne d’être responsable de la mortalité des vieux chênes pubescents mais dans les faits j’ai plus l’impression que c’est une combinaison de plusieurs facteurs qui entrainent leur mortalité… mais pas facile à confirmer tout ça, on manque souvent d’infos sur le dépérissement des vieux arbres 🙁

  3. C’est vrai que de loin l’aspect général de ce chêne n’est pas alarmant.
    Mais regardez bien les 2 dernières photos. Je n’avait jamais vu une telle quantité de sciure au pied d’un arbre . Par endroit il y en a bien 3-4 cm d’épaisseur. Et là c’est sur tout le pourtour du tronc. L’ écorce sonne creux de toute part. Les zones encore saines sont vraiment rares.
    J’aimerai pouvoir être aussi optimiste que vous deux mais honnêtement je le vois mal tenir 10 années de plus.

  4. Salut,

    Bien dommage !

    Je me souviens d’un vieux chêne de plus de 6 m de tour, proche d’une ferme dans la Vienne qu’on avait vu avec D.Mansion en 2012. Il était déjà occupé par des capricornes. As-tu eu des nouvelles, je ne me souviens plus du nom du village ?

    • Salut vieille branche 😉

      Et tous mes vœux pour cette nouvelle année.

      Je me souviens bien, il faisait un froid de canard. C’était en Charente à Oradour-Fanais en fait. Il faut dire que l’on avait pas mal voyagé cette journée là. C’est vrai qu’il était pas mal atteint aussi celui là (mais pas au point de celui de la Poitevinière) en plus il penchait pas mal. Je ne l’ai pas revu depuis.

  5. Coucou et bonne année à tous !
    Ah voilà un chêne comme je les aime.
    Un gros trapu chargé d’histoire.
    Je ne l’avais pas remarqué à l’époque car il se trouve dans un coin du Maine-et-Loire où je n’allais jamais. Finalement c’est grand un département quand on y pense.
    Pour le dépérissement, je pense que le capricorne est juste un élément d’un mécanisme général. L’arbre en vieillissant finit par avoir des failles dans son armure et le capricorne en profite alors ce qui participe inéluctablement à la chute de l’ancien. Je ne pense donc pas qu’il soit la cause du dépérissement mais simplement un acteur opportuniste du phénomène…
    Pensée philosophique du soir…
    ?

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