Le vieux tamaris de Saint-Cyr-sur-Mer, Var

Sur la côte varoise, les stations balnéaires se suivent… et ne se ressemblent pas!
Bien loin de l’image des côtes bétonnées véhiculée par certaines portions du littorale méditerranéen, le Var a su conserver sa forêt (3ème département forestier de France) jusqu’aux rivages de la Grande Bleue.

Tandis qu’à Bandol, de vieux pins parasols étendent leur houppier au milieu des villas.
A Sanary-sur-mer, les troncs argentés des pins d’Alep s’accrochent à la côte rocheuse.
A Hyères, les 7 000 palmiers ont fait la réputation de la cité.

A St Cyr-sur-mer, de vieux tamaris s’alignent sur la promenade du bord de mer.

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Dans son article nous rappelant les effets dévastateurs de la tempête Xynthia, Y@nick inaugurait une nouvelle rubrique, celle des tamaris remarquables.
La petite station de St-Cyr-sur-mer, bien loin de l’agitation de ses voisines tumultueuses, peut se glorifier de magnifiques tamaris plantés sur sa Prom’ (et accessoirement d’une splendide plage de sable d’1,5 km…).
Avec leur tronc tourmenté et leur ombre légère, ces tamaris donnent un charme particulier au bord de mer.
Mais avec des circonférences voisines de 150 cm à 1,3m du sol, ils ne sont pas exceptionnels et seraient même à peine « remarquables ».

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Parmi les quelques dizaines de tamaris plantés, certains se distinguent de leur voisin, comme celui au tronc éclaté sur un parking (son aspect accidenté pourrait d’ailleurs servir d’image ‘choc’ à une campagne sur la sécurité routière…).

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A l’extrémité de la plage des Lecques, sur le minuscule port de la Madrague, deux magnifiques tamaris affichent fièrement leur 2 m de circonférence à 1,3m du sol.

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Et c’est en s’éloignant de quelques centaines de mètre du littorale, à l’écart de la foule des estivants  que le ‘Patriarche du Clan des Tamaris’ coule des jours heureux.
Il s’agit vraisemblablement du Tamaris commun (Tamarix gallica), l’espèce la mieux adaptée à notre climat méditerranéen français. Mais d’autres espèces existent, et je n’ai pas la certitude sur l’identification de cette espèce.
Circonférence à 1,3m en aout 2014 = 2,95 m
Hauteur estimée (désolé pour l’estimation mais je n’emporte pas mon dendromètre pour aller à la plage, lol !) = 8-9 m
Etat sanitaire moyen avec la présence de quelques champignons à son pied. Mais pas trop d’inquiétude à avoir, c’est du coriace le tamaris !
Son âge reste bien-sûr indéterminé et je ne m’avancerai pas à donner une estimation…

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Mais la charmante petite commune de St-Cyr-sur-mer n’a pas fini de dévoiler ses charmes arboricoles. Elle pourrait même être une terre de refuge pour arbres vénérables.

On peut y relever la présence de deux pins d’Alep remarquables :
Circonférence à 1,3m en aout 2014 = 3,45m et 3,80m

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Un vieux chêne pubescent près d’un ruisseau dont une pancarte annonce un âge supérieur à 150 ans. Circonférence à 1,3m = 4,25m

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Dans le jardin d’une villa en construction, dont les artisans m’ont gentiment laissé entrer pour procéder à mes mesures :
– Un Cyprès de Lambert de presque 5m de circonférence à 1m du sol sous le départ des branches
– Un très vieil Olivier d’origine espagnole fraichement planté à l’entrée de la maisonnette (certainement acheté plusieurs dizaine de milliers d’euros…) annoncé par une pancarte à 700 ans et dont la circonférence est d’environ 7,5 m (difficile d’être plus précis avec sa forme tortueuse).

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Voici une carte de localisation des arbres remarquables de St-Cyr-sur-mer.

carte-st-cyrMais l’un d’entre eux auquel je tiens tout particulièrement n’est pas dévoilé.
Je lui réserve un article à part entière parce qu’il le vaut bien… ce sera sa revanche car c’est un arbre mal aimé en Provence !
A suivre !

 

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12 réflexions au sujet de « Le vieux tamaris de Saint-Cyr-sur-Mer, Var »

  1. Enfin de « vrais gros » tamaris! Ça faisait un moment que je pensais à cette essence, surtout depuis que j’en avais repéré un beau spécimen à Roscoff (mais pas de mesures), toutefois c’est un gringalet face aux tiens! Quand je pense que l’on m’a dit que le tamaris ne faisait jamais rien de bon, que ça poussait « n’importe comment »! Cette allégation venait d’un proche qui passait son temps à les tailler au petit bonheur la chance, et effectivement, dans ce cas la repousse est un peu anarchique avec des axes s’orientant un peu en tout sens…
    J’imagine la floraison rose au printemps de ces alignement.
    Pour l’olivier je suis un peu triste de le voir si loin de son terroir…

  2. concernant les oliviers, il faut finir par accepter que tous vieux oliviers présents sur notre territoire sont tous… d’origine espagnol ou portugaise. Même les deux vénérables oliviers millénaires du Pont du Gard…
    Le gel de 1956 (le célèbre hiver de l’Abbé Pierre) n’en a épargné aucun… ou presque. Celui de Roquebrune-Cap-Martin sur la Riviera est une exception, il a été plus ou moins épargné.
    Mais « l’arbre immortel » a de la ressource et rejette facilement.

    Le marché des gros oliviers en provenance de la péninsule ibérique (arrachage des vieilles oliveraies) est en plein essor depuis le début 2000, un effet de mode qui conduit parfois à des aberrations, mais les très vieux sujets ainsi délocalisés sont très rares et généralement s’adaptent bien à leur nouvelle terre.

    • Ce qui me choque, ce n’est pas tant de les voir chez nous dans le sud, que de savoir que l’on a « confisqué » pour quelques euros le patrimoine de certaines régions…
      D’autre part, ce qui me déplait c’est de les voir en Bretagne sous un climat inadapté, même si au final beaucoup de plantes sont exotiques (mais acclimatées), et surtout de savoir que l’on a abattu quelques vieux chênes sur son terrain pas assez à la mode pour finalement aller investir dans un olivier centenaire…
      Dans le cas de renouvellement d’oliveraies anciennes (inadaptées à la mécanisation), je préfère tout de même les voir vendus vivants que transformés en bois de chauffage!

      L’Italie a pris des mesures de protection pour ses oliviers anciens…

  3. je suis d’accord avec toi, ça me révolte aussi de voir des oliviers plantés n’importe où loin de la zone méditerranéenne; achetés des fortunes par les communes pour les mettre sur des rond points, on trouve même au bord du Léman…
    Je ne sais pas quel est leur avenir, comment vont-ils s’acclimater à ces nouvelles conditions ? Peut-être vont-ils nous surprendre…
    Les vieilles oliveraies espagnoles étaient condamnés à être arrachées. Alors finalement si un marché s’est ouvert pour donner une seconde vie à des oliviers multi-séculaires dans une nouvelle terre qui leur convient, j’aurai tendance à croire que c’est presque un chance et un moyen de sauvegarder d’une certaine façon des arbres remarquables.
    L’Espagne finira peut-être par prendre conscience de la fuite de son patrimoine et prendra des mesures plus protectionnistes comme le fait l’Italie.
    Il faudra que je fasse un article sur la ferme aux oliviers dans la Drôme provençale spécialisée dans les gros oliviers.

  4. Superbe,
    Je ne pensais pas qu’un Tamaris puisse atteindre de telles circonférences. Mais est-ce vraiment la même espèce que ceux de nos côtes Atlantique ?
    J’ai remarqué que ceux-ci avaient un bois qui avait tendance à se désagréger et à pourrir rapidement dès la moindre blessure et infiltration d’eau. Par contre ils rejettent facilement depuis la souche. Cette essence tout comme les oliviers doit être plus adaptée à un climat méditerranéen qu’à nos climats humides.

  5. Une essence de plus, et de belles découvertes à venir (j’ai hâte de savoir quelle espèce mal aimée sera dévoilée) peut-être un génévrier ? 🙂
    Merci pour le partage, et ce beau travail de rédaction.
    Etant moi-même correspondant local de presse, d’écrire des articles tous les jours m’a un peu ôté l’envie d’en refaire aux heures creuses lol
    J’attend un peu d’inspiration supplémentaire pour m’y remettre, mais continuez à me régaler car je ne perds pas une miette de vos publications !
    A ce propos cher castor masqué, il me faudrait si possible des précisions sur un arbre croisé au Maroc, sur lequel j’ai un doute.
    Comme je comptais faire un article sur les quelques anciens croisés là-bas, autant faire bonne figure et avoir toutes les infos en main !
    Pourras-tu donc essayer d’identifier sur photos ces spécimens ?
    Si tu es d’accord il faudrait que je t’envoie cela par mail
    Merci !

  6. -> Y@nick = je n’y connais pas grand chose en tamaris et je serai bien incapable de distinguer les différentes espèces. D’après Wikipédia : « Le tamaris gallica est adapté au climat méditerranéen alors que le tamaris anglais (Tamaris anglica Webb.) est mieux adapté au climat océanique et se retrouve sur la côte atlantique. »
    Par contre comme toi, j’ai remarqué que la majorité des tamaris de St-Cyr-sur-mer était attaqués par des champignons, quasiment à chaque blessure faite sur leur tronc.
    -> Damien : avec plaisir, je suis impatient de découvrir tes trouvailles marocaines 🙂 Je ne sais pas si tu as accès directement à mon mail privé, sinon Yannick peut te transmettre mes coordonnées.
    Pour « l’arbre mal aimé », ce n’est pas un genévrier… C’est juste culturel, et seulement les provençaux qui ne l’aiment pas en lui reprochant d’être à l’origine de catastrophes… mais je n’en dis pas plus…

  7. Merci pour ce très bel alignement et surtout pour les deux spécimens à gros troncs.

    Je ne sais pas si vous avez des références avec ce genre ligneux, mais ici je pense qu’on a presque atteint la limite de circonférence !!

  8. Les tamaris ont tendance a facilement attraper des pourritures au pied (la proximité avec l’homme favorise les risques de blessures sur le tronc…).
    Je n’en connais pas d’autres aussi gros en France, mais en cherchant un peu mieux il y a surement d’autres vénérables tamaris sur notre territoire…
    De l’autre côté de la Méditerranée, il y a assurément quelques champions dans cette espèce…

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