Les avaleurs de pierres d’Aïn-Leuh, Maroc

Evadons nous sur les pistes marocaines, en plein pays Berbères pour une rencontre surprenante. Il n’est pas rare de rencontrer des arbres « ferrailleurs » ou avaleurs de pancartes, mais en voici qui dévorent des pierres !
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Le Maroc est sans conteste le plus forestier des pays du Maghreb.
Comme en France, la grande diversité géographique et climatique lui procure une richesse environnementale exceptionnelle.

La forêt marocaine ne se résume pas aux cédraies primitives des plateaux de l’Atlas, à la forêt de chêne liège de la Mâamoura aux portes de Rabat ou encore aux plantations d’industrielles d’eucalyptus le long de la côte atlantique.
L’arbre a toute sa place dans le paysage marocain… et une place bien particulière, différente de celle que nous avons l’habitude de lui attribuer en Europe.
Au Maroc, la forêt et l’élevage sont également intimement liés.
Au-delà des fonctions habituelles de la forêt, elle représente aussi une source de nourriture indispensable pour les chèvres et moutons.

C’est en plein pays Berbères, sur les contreforts du Moyen-Atlas que j’ai rencontré des chênes verts « affamés » !

Ces chênes verts sont séculaires et très certainement multiséculaires vus leurs conditions de croissance à 1700 m d’altitude. Dans leur croissance, ils ont déplacé des blocs de rochers et les englobent progressivement.
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Ici, sur ces plateaux désertiques de l’Atlas, balayés par les vents, les arbres deviennent mi-végétale / mi-minérale. Comme s’ils voulaient s’accrocher un peu plus à cette terre aride.
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Cette rencontre date de décembre 2007 et je n’avais pas pris de mesures de circonférence. Ces chênes particuliers se trouvent à quelques km au sud d’Aïn-Leuh en empruntant la route P7311. Coordonnées géographiques : N 33,24844° W 005,35171° – altitude 1700m.

Pour la petite histoire, Aïn-Leuh est réputée dans le monde berbère pour la beauté de ses habitantes. La légende raconte : « qu’un voyageur séjourne à Aïn-Leuh et il repartira chez lui la bague au doigt ! ».
D’une certaine façon, je n’ai pas résisté non plus au charme d’Aïn-Leuh, j’ai eu un véritable coup de foudre pour ces arbres avaleurs de pierres…

Localiser sur la carte ici


Vous pouvez découvrir la suite de cet article : Retour auprès des chênes vertes d’Aïn Leuh.


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9 réflexions au sujet de « Les avaleurs de pierres d’Aïn-Leuh, Maroc »

  1. Ces arbres sont tout bonnement extraordinaires!
    On a du mal à comprendre comment ils arrivent à survivre dans un tel environnement couplé à une implantation incertaine, je comprend ton coup de foudre pour ces quercus…
    Outre les cèdres, le Maroc recèle d’antiques genévriers accrochés à la roche comme le sont ces chênes.

  2. Curieux ! Ils doivent avoir des racines aussi profondes que puissantes pour se maintenir ainsi. De vraies forces de la nature !
    Avis aux voyageurs : je vais faire un saut au Maroc fin août/début septembre ; quelqu’un connaît-il des arbres de là-bas entre Marrakech et Ouarzazate ?

  3. Merci pour vos commentaires.

    Très beau voyage en perspective, Damien.
    Un dépaysement assuré dans le Haut-Atlas que j’avais parcouru en 2009… mais sans avoir prêté trop d’attention aux arbres remarquables.
    La route qui relie Marrakech à Ouarzazate est magnifique et fais passer par le plus haut col routier d’Afrique du nord, le Tizi-n-Tichka à presque 2300 m d’altitude (plus haut que le Tourmalet !). Mais c’est un paysage très minéral que tu vas traverser, surtout la redescente de Tizi à Ouarzazate.
    Sur le versant nord, quelques boisements de chêne vert et dans la montée d’Asni à Tizi-n-Test quelques boisements réputés de noyers et genévriers (je n’y suis pas allé vers Asni).
    Les quelques cédraies sont moins réputées que celles du Moyen-Atlas.
    Peut-être la rencontre aussi avec le chêne zéen en altitude.
    Les parties boisées disparaissent vites avec l’altitude (les sommets atteignent les 4000 m !).
    Comme le dis Yannick, tu peux trouver de vénérables Genévrier thurifère. Son royaume se trouve dans les montagnes du Haut-Atlas.
    Voici d’ailleurs un excellent article de la revue Forêt méditerranéenne en téléchargement libre ici :
    http://www.foret-mediterraneenne.org/fr/catalogue/id-40-le-genevrier-thurifere-juniperus-thurifera-l-geant-de-l-atlas
    Sinon, les arbres remarquables seront certainement à chercher en liaison avec l’activité pastorale dans la zone de piémont versant nord (côté Marrack.) ou le long des vallées à proximité des palmeraies dans les terres cultivées (oliviers, figuiers…).
    J’espère cependant que tu ne seras pas trop gêné par les fortes chaleurs estivales…
    Veinard, profites en bien et je suis sûr que ton œil aiguisé de Reporter va dénicher quelques merveilles !

    • C’est gentil de m’avoir répondu si vite 🙂
      En fait je serai logé chez l’habitant (une amie qui habite là-bas) ; elle vit dans un petit village nommé Demnate et voit aussi ses parents à Marrakech.
      Comme ils ne sont pas très portés arbres, ma seule chance de ramener un reportage du Maroc est de dire à mon amie où en trouver.
      Mais bon quoi qu’il arrive j’en profiterai, et ça ne me coûtera que le voyage 😉

  4. Je ne connais pas Demnate.
    J’ai regardé sur la carte, c’est la région d’Azilal, le Haut-Atlas central un peu excentré par rapport aux plus hauts sommets. il y a eu pas mal d’actions développements forestiers dans cette région.
    En tout cas tu seras bien loin de toute l’agitation touristique, de quoi faire une immersion dans le Maroc authentique et partager le quotidien d’une famille marocaine, génial pour découvrir le Pays !
    Concernant les arbres remarquables à découvrir, je te recommande vivement l’article que je t’ai mis en lien il y a 2-3 jours, il est excellent pour bien comprendre la végétation du Haut-Atlas et les liens qui existent avec les populations locales.
    Ils parlent d’ailleurs « d’arbres marabouts », (souvent des genévriers thurifères ou des genévriers oxycèdres) vénérés par les populations. Ils en signalent un dans le village de Megdaz (environ 30km au sud-est de Demnate). Et un autre à côté du sanctuaire de Sidi Ameur n Agoudi (« le tronc ne peut être ceinturé que par 6 hommes » !!!) mais je n’ai pas trouvé sur la carte où ça se trouve, à toi de mener l’enquête !!!
    Pour info, « les marobouts-thurifères » se nomment en berbère : Agouram andronam (andronam étant le nom berbère du thurifère).
    Ce sera plus pratique pour tes recherches que de demander où se trouve un vénérable « Juniperus thurifera », lol !
    Le genévrier oxycèdre qui peut atteindre aussi de grosses dimensions se dit en langue berbère « Tiqqi » ou « Tirqi ».
    A toi de jouer, bonne chance !

  5. Oui c’est une bien belle façon d’aborder le pays !
    J’ai transmis le document à mon amie, qui me dira si c’est possible d’aller voir dans les endroits cités non loin de son village.
    Merci beaucoup pour ces précieuses infos, et à bientôt dans la forêt

  6. a proximité d’aïn leuh, près d’un très gros cèdre situé en bord de route (presque 2 m de diamètre et au moins 40 m de haut) un chêne vert et un érable de montpellier remarquables.
    pour la route de marrakech à ouarzazate, passant par le col de tichka, trois autres routes rivalisent de beauté, et même la dépassent :
    – plus à l’ouest, le col de tizin’test qui relie marrakech à taroudant avec face nord les plus beaux et rares cupressus atlantica et face sud, plongée dans l’arganeraie de la plaine du souss ;
    -plus à l’est, le col de tizi n’fedrhat, 2580 m entre demnate et Skoura, route qui traverse la rivière tessaout, route goudronnée à ma connaissance pas la plus haute du maroc mais sans conteste la plus belle;
    – encore plus à l’est, en remontant les gorges du todra à partir de tinerhir entre aït ani et Imilchil, le tizi n’tirerouzine à 2700 m d’altitude

    enfin, en remontant les gorges de dades jusqu’à Msemrir une piste relie Agoudal par le tizi n’ouanoun à 2900 m d’altitude

  7. Merci Philippe pour ces précieuses infos, j’en prends bonne note pour ma prochaine virée marocaine (surement cette année 🙂 ).
    Le pays regorge de merveilles, il y a tant de choses à y découvrir, mais les routes et les pistes ralentissent bien les déplacements…

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