Le Douglas Président de Renaison, Loire

Un Douglas des Monts de la Madeleine (Loire)
décroche le titre de plus grand arbre de France !

Voici l’info laissée par Sisley, notre Reporter spécialiste des grands arbres, dans un commentaire sur Hypérion ardéchois.
Une info qui n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd.
Je profitais d’un passage dans le Beaujolais en décembre dernier pour rendre visite au nouveau Champion…

Douglas-renaison08

C’est dans un épais brouillard, que je prends la petite route descendant au barrage du Chartrain sur la commune de Renaison près de Roanne. Ce n’était pas la journée idéale pour rendre visite au géant, mais la curiosité me poussait à continuer ma descente.

Douglas-renaison13Le site est facile à trouver. Passé l’impressionnant barrage (par temps dégagé), une dizaine de douglas ont été plantés en contrebas de la route. En revanche, il est plus difficile de distinguer celui qui détient le record de hauteur. Ils ont tous sensiblement la même circonférence. Mais un panneau judicieusement placé permet de distinguer Le Douglas Président, le champion parmi ses frères et sœurs.
La zone, gérée par l’ONF, se trouve dans le périmètre de protection du barrage exploité par la Roannaise de l’eau.

Douglas-renaison15Douglas-renaison10

Le panneau, installé en 2011, annonçait déjà qu’il s’agissait du plus haut douglas de France… mais il n’avait pas été gratifié du titre du plus grand arbre toutes espèces confondues. Pourtant avec ses 64m en décembre 2010, j’ai bien l’impression qu’aucun arbre sur notre territoire ne pouvait le détrôner… Quelle modestie ces habitants de la Loire.

Douglas-renaison02

Une fois sur place, pas question d’aller faire le singe à 60m de hauteur.
Je n’étais pas venu les mains vides, j’avais sur moi plusieurs générations de dendromètre.
Par chance, le brouillard se dissipait par moment me laissant bien distinguer la cime pour les visées.
La circonférence à 1,3m en décembre 2014 est de 3,52m.
Mes mesures de hauteur au dendromètre électronique vertex (basé sur un émetteur / récepteur d’ultrasons) varient de 62 à 66m avec  une moyenne de 64,5m. Quelques mesures au dendromètre suunto me donnent environ 63m de hauteur. En revanche, l’utilisation du télémètre à visée laser Leica Disto D5 ne m’a pas donné satisfaction (encore une fois…), peut-être à cause du brouillard et que la cime n’était pas assez contrastée pour être détectée par le laser.
Mes valeurs obtenues avec le vertex semblent les plus proches de celles réalisées cet été par la talentueuse équipe d’Enquête d’Arbres par grimpage : 66,44m, officialisant ainsi le titre de plus haut arbre de France !
Voici à nouveau le lien que nous avait transmis Sisley sur le reportage de leur « ascension » spectaculaire le long du Douglas Président : ici

Son âge est de 122 ans, il a été planté à la mise en eau du barrage en 1892.
Son état de santé est excellent, aucun signe de faiblesse n’apparaît.
Sa croissance en hauteur devrait se poursuivre dans les prochaines années. Les mesures réalisées par l’ONF annonçait un accroissement en hauteur de 27cm / an (calculé sur la période 2005 – 2010). Cet accroissement diminuera progressivement dans les prochaines années jusqu’à devenir insignifiant.
Mais pourrait-il atteindre les 70 m ? Pas sûr du tout… Il faudrait pour cela qu’il continue sur son rythme de croissance pendant encore une bonne dizaine d’années…

Coordonnées géographiques : 46,05000°N 3,87267°E – Altitude 502 m

Douglas-renaison05

La tête dans les nuages !

Douglas-renaison03Petit tour d’horizon des plus grands arbres français :

Le repérage des plus grands arbres passionnent les forestiers depuis toujours. Par tradition (surtout dans l’est de la France), le plus grand arbre de la forêt prenait le titre de Président et son élection était l’occasion d’une fête populaire.
Mais nos essences indigènes arrivent péniblement à 50m de hauteur. C’est le cas d’une poignée de sapins présidents dans les Vosges et le Jura. Côté feuillus, le titre revient probablement à certains hêtres normands (et peupliers noirs ?) frôlant les 45m.
C’est l’introduction au 19ème siècle d’essences exotiques (notamment nord-américaines) qui a permis d’entrer dans des dimensions jamais atteintes. Il aura fallu une centaine d’années pour venir concurrencer nos plus hauts sapins président. Dès le début des années 90, certains douglas atteignaient déjà les 50m de hauteur. Et depuis une petite dizaine d’années, certains ont franchi la barre des 60m.
Parmi ces nouveaux venus, Il semble que 3 espèces pourraient prétendre décrocher le titre de plus haut arbre de France :

le Sapin de Vancouver (Abies grandis). C’est le plus grand des sapins connus, il peut frôler les 100m de haut dans son aire d’origine sur la Côte Pacifique.
Peu fréquent dans les parcs, il a été en revanche largement utilisé pour le reboisement des zones délaissées de moyenne montagne. Sa croissance est très rapide (parfois supérieure à celle du douglas) mais la terrible sécheresse de 2003 lui aura été fatale dans de nombreux secteurs du Massif Central.
Cette sécheresse aura précipité la disparition des deux grandis les plus célèbres de France situés dans l’Aigoual à l’Arboretum de La Foux.
Ces deux sapins avaient été plantés en 1906 et détenaient le record d’arbres les plus hauts de France depuis le début des années 2000. En 2002, l’un des deux pieds avait été mesuré à 59m. Par la suite, les mesures de hauteur n’étaient plus possibles par manque de visibilité dans le peuplement. La sécheresse de 2003 les a fortement affaiblis et des insectes sous-corticaux ont profité de cette faiblesse pour mener leurs sinistres labours sous l’écorce.
L’abattage des deux géants (dont l’un faisait 4,20m de circonférence) devenait inévitable et a été réalisé publiquement  en juin 2013. Les arbres ont été laissés au sol pour témoigner de leur passé. La hauteur du plus grand a été estimée entre 62 et 63m d’après son accroissement moyen calculé sur les dernières mesures de hauteur réalisées. Je ne sais pas si des mesures au sol après abattage ont pu confirmer ces hauteurs ?
Voici la Vidéo de l’abattage des sapins de La Foux 
Les deux plus beaux Ambassadeurs sont allongés au sol, mais il est fort probable d’en trouver d’autres atteignant des hauteurs hallucinantes. D’ailleurs, la base Monumental Trees nous dévoile au Royaume-Uni, 3 exemplaires de plus de 60m, dont l’un d’entre eux de 64m.

– les Séquoias, les plus grands arbres du monde, pourraient prétendre détenir un nouveau titre sur le sol français. Mais aucun ne semblent avoir franchi en France et en Europe la barre des 60m (que ce soit pour l’espèce giganteum comme pour le sempervirens). Les records se font plus sur le volume que sur la hauteur.
Le plus haut séquoia d’Europe actuellement répertorié est le giganteum de Ribeauvillé  en Alsace avec une hauteur voisine de 57m en 2012.
Pour l’espèce sempervirens, il semble que celui de Vals-Les-Bains en Ardèche soit le plus grand en France avec 53m de haut en 2014.
Finalement, la croissance en hauteur n’est pas si rapide. De nombreux séquoias en France ont désormais 150 ans et leur hauteur dépassent très rarement les 45m.
Les séquoias auraient-ils perdu la course pour le titre de plus grand arbre de  France ? Peut-être que les deux webmasters de Séquoia.eu pourront nous en dire plus sur les hauteurs potentielles espérées avec ces espèces sur notre territoire? D’ailleurs sur leur site, on y trouve un article très intéressant sur la hauteur potentielle maximale que peut atteindre un arbre. A lire absolument 🙂

 – c’est bien le douglas qui semble avoir pris de l’avance sur les autres espèces pour la conquête du titre de géant français. Il a été introduit en France à la même période que le séquoia, vers 1850. Mais il est moins fréquent en parc et surtout utilisé en reboisement à partir de 1880. C’est même la 1ère essence de reboisement en France. Les plus grands douglas se trouvent donc généralement en peuplements issus de reboisements âgés de 120 – 130 ans.
Les douglas les plus célèbres sont certainement ceux de la Forêt Domaniale de Ribeauvillé en Alsace, voir l’article de Sisley à son sujet. Ils étaient considérés comme les plus hauts de France avec une hauteur actuelle voisine de 62m.
Moins connus, mais pourtant mentionnés dans la Revue Forestière Française dans les années 80 (je n’arrive pas à retrouver la publication), les douglas de Claveisolles dans le Beaujolais, dépasseraient aussi les 60m. Le plus grand mesurait déjà 53m en 1980. Plantés en 1872, ils ont 20 ans de plus qu’à Renaison et Ribeauvillé. Un panneau d’information leur attribue le titre de plus grand Douglas d’Europe… et ils pourraient donc être potentiellement les plus grands arbres de France ! Je leur avais rendu visite il y a quelques années mais sans faire de mesures. J’ai prévu d’y refaire un tour très prochainement… avec toute ma collection de dendromètres. La visite au douglas de Claveisolles en février 2015 : ici.
De l’autre côté du Massif-Central, le Limousin est aussi un petit paradis pour Douglas ! Et en Corrèze près de Meymac une douglasaie a même sa page Wikipédia !!! Il s’agit des douglas du Viaduc des Farges. Ils sont longtemps restés à mes yeux les douglas les plus extraordinaires. Je les avais mesurés au traditionnel dendromètre suunto à 52m… mais c’était en 1993 ! Un article de 2009 sur le krapo annonçait une hauteur maximale de 56m et une circonférence voisine de 4m pour les plus gros. Il semble que la hauteur ne progresse plus de façon fulgurante…
A lire le dernier article sur les Douglas des Farges (hauteurs proches de 61m en 2016) : ici.

Hors de nos frontières, cet été un douglas de 67m est mesuré au Royaume Uni et prend le titre de plus grand douglas d’Europe (avec seulement 50cm de plus qu’à Renaison…). Mais on reste bien loin des Douglas dans son aire d’origine sur la Côte Ouest du Pacifique où certains viennent flirter avec les 100m de haut.

On pourrait ajouter à la liste des espèces « à surveiller » pour le titre super géant, l’épicéa de Sitka qui peut lui aussi atteindre les 100m de haut sur la côte du Pacifique. Mais cette espèce à forte exigence océanique, est peu présente en France. A chercher plutôt vers la Bretagne, là où un Sitka centenaire pourrait nous surprendre…

Côté feuillus, gardons un oeil sur les eucalyptus… n’oublions pas qu’en 2015, le plus grand arbre européen se trouve au Portugal. C’est un Eucalyptus diversicolor culminant à 72m de hauteur ! Malheureusement, nos espèces acclimatées en France, ne font pas parties des géants.


Mise à jour septembre 2017 :

Trois ans après ma première visite, je suis passé faire un petit coucou au douglas géant de Renaison; l’occasion de vérifier la bonne santé du Président et d’actualiser les mesures.
La 1ère bonne nouvelle, c’est que j’ai pu compléter mes photos cette fois-ci avec le beau temps.
La 2nde bonne nouvelle, c’est que le géant semble toujours bien vigoureux et n’a pas fini de s’approcher des étoiles !
Côté tour de taille, il mesure désormais 3,63m à 1,3m de hauteur, soit un très bel accroissement de 3,7 cm/an sur la circonférence sur les trois dernières années 🙂
En revanche, la mesure de la hauteur depuis le sol est toujours aussi délicate. Il est très difficile de distinguer avec précision l’extrémité de la flèche à une telle distance.
Aux jumelles ou avec le zoom de l’appareil photo, on s’aperçoit que la pousse de l’année est encore bien vigoureuse. On pourrait l’estimer entre 20 et 50cm !
En 2014, la hauteur totale avait été mesurée précisément à 66,40m par grimpage. Il semble logique que le géant ait passé la barre des 67m trois ans plus tard au vu des pousses qu’il continue à faire.

Tout comme lors de ma 1ère visite, les mesures faites aux dendromètres restent inférieures  à celle obtenue par grimpage en 2014.
Au dendromètre électronique Vertex, sur une dizaine de mesures, j’obtiens une moyenne  comprise entre 65 et 65,5m (au vertex en 2014 la moyenne était de 64,5m), en se positionnant à une distance horizontale de 44m.
Au dendromètre traditionnel suunto (théoriquement moins précis), à une distance horizontale de 40m, la mesure de la hauteur est de 65m.
Ces mesures inférieures à la hauteur réelle (probablement supérieure à 67m) peuvent s’expliquer par la difficulté à viser précisément le bourgeon terminal depuis le sol. Au moment des mesures, on est obligé de viser légèrement plus bas.
 Les mesures à visée depuis le sol manquent de précision, seule une mesure par grimpage permettra de suivre précisément l’évolution de sa hauteur.

Un autre aspect est surprenant sur ce peuplement de Renaison. Parmi le petit groupe de douglas (une douzaine) planté en 1892, un seul présente ce caractère gigantesque exceptionnel. A la différence de ceux des Farges à Meymac où l’ensemble des douglas (une dizaine) ont des hauteurs assez semblables entre 58 et 61m, à Renaison un seul dépasse nettement les autres. Les voisins du Douglas Président sont bien inférieurs de 10m et n’ont pas atteint les 60m de haut.
Au delà des possibilités exceptionnelles qu’offre le site du barrage de Chartrain, il y a aussi un patrimoine génétique de champion chez ce Douglas de Renaison ! Et on peut se demander quelle taille hallucinante devait faire ses parents en Californie ?

Tant de questions restent en suspens face à ce monument végétal…

Combien d’années lui faudra-t-il pour atteindre la hauteur hallucinante de 70m ?
Il doit lui manquer encore 2 ou 3m de pousse. S’il conserve ce rythme de croissance, il devrait atteindre ce nouveau record en moins de 10 ans. A suivre !


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27 réflexions au sujet de « Le Douglas Président de Renaison, Loire »

  1. Difficile de se faire une idée de la hauteur sur les photos, j’imagine qu’à leur pied c’est la même chose…
    En Bretagne, il est vrai que les séquoias ont tendance à plafonner à 45-50 m, et encore il leur faut de bonnes conditions (eau, fond de vallée abrité des vents), alors que des douglas relativement jeunes atteignent rapidement 40 m avec des exemplaires ayant à priori atteint les 50 m en 90/100 ans (cas à Malguenac, abattu).
    Ce qui ne joue peut-être pas en leur faveur, est qu’ils sont souvent planté en isolé ou tout petit groupe, ce qui finalement ne les force pas à monter faute de concurrence, alors que les douglas sont généralement plantés en peuplement dense.
    Pour ce qui est de l’épicéa, je n’ai pas de données, mais je doute que nous ayons des champions en Bretagne, car ils vieillissent mal…

  2. Tout à fait Yannick, j’ai presque été déçu par l’impression de hauteur.
    On ne se rend pas compte qu’ils dépassent les 60m…
    Peut-être à cause de la position encaissée en bas du talus et de leur circonférence assez faible.
    j’imagine la surprise de l’ONF lorsqu’ils les ont mesurés pour la première fois !

    L’effet de gigantisme est plus intense avec un big séquoia qu’avec ces douglas.

    Pour les sitkas je pensais que du côté de la Bretagne vous pouviez trouver de beaux sujets car il semble que dans le Royaume Uni ils aient quelques champions.
    En tout cas, l’un des rares souvenirs que j’ai de la forêt bretonne, c’est de m’être fait lacérer dans une plantation non éclaircie de sitkas près du Faou dans le Finistère 😉 ce n’est pas mon ami le sitka 🙂

  3. Belle mise en perspective que d’avoir fait le point sur les géants de France !
    Les records sont faits pour être battus, il doit bien y en avoir un, caché quelque part encore plus grand ?
    Bravo Le castor masqué, du travail de pro !
    En Bretagne les quelques plantations de sitka n’ont pas donné les résultats espérés (mauvais élagage naturel) d’après les Forestiers, pourtant la pousse est bonne !

  4. Bon, peu d’espoir de trouver un sitka « hypérion » en France… tout semble se jouer alors entre entre Douglas, et comme le dis Guy, les records sont faits pour être battus ! Il y a tout à parier que ceux de Renaison ne resteront pas sur la plus haute marche du podium bien longtemps et qu’un autre joli bouquet de douglas viendra les détrôner 🙂 surtout que l’impression de hauteur est assez trompeur et qu’une mesure précise est toujours délicate.
    Mais attention, le sapin de Vancouver, même s’il est moins fréquent et a eu tendance à bien souffrir depuis 2003, pourrait créer la surprise 😉

  5. Merci pour ce compte rendu.

    Les mesures avec différents appareils ne sont pas toujours faciles à entreprendre surtout quand le brouillard apparaît et que les cimes sont confondues dans la densité végétale.

    Les grimpeurs établissent la mesure avec une corde lestée, mais là où réside parfois l’erreur de prise, c’est au moment de la détermination du point médian à la base du tronc. Pour cela il faut bien s’assurer d’avoir fait la moyenne entre le point haut et le bas et dans les talus, il faut utiliser un système d’équerre et ainsi faire le rapport.
    C’est peut-être pourquoi un mesureur allemand, mais aussi grimpeur, à mis au point une combinaison de deux appareils et utilise une mire de chantier quand l’environnement proche du sol ne lui permet de cibler la base.
    Il arrive à un résultat de 56,3 m pour le séquoia de Ribeauvillé et les grimpeurs trouvent 57,7 m. On arrive a 1,4 m de différence, ce qui n’est pas rien, et même en faisant une moyenne des deux on a encore 0,7 m de l’une a l’autre.
    En tout cas, toutes ses mesures, revoient souvent la première faite à la baisse, en moyenne de 1 m.

    – – –
    Quoiqu’il en soit, comme tu l’as remarqué, le Douglas reste champion incontesté sur le vieux continent pour ce qui est des résineux.

    Sur un continent bien plus sauvage, se joua pendant de nombreux siècles une course à la hauteur entre deux espèces bien connues.
    Il ne faut pas oublier qu’il fut un temps où notre bon Douglas était maître absolu des Amériques et que ce n’est que depuis quelques décennies que le Séquoia sempervirens lui a piqué le vedette.
    En effet, de vieux écrits relatent de spécimens de Douglas ayant dépassé les 120 m au début du 20e siècle. Malheureusement comme pour beaucoup de géant de ce continent, de grandes campagnes d’abattage en mirent à terre un grand nombre et aujourd’hui à moins, qu’une parcelle jusqu’à lors inexplorée nous dévoile un spécimen plus grand que le plus grand mesuré, le séquoia à feuilles d’ifs restera champion toutes espèces confondues.

    Mais je reste très optimiste quant à son ascension par chez nous. Ce sont de jeunes arbres et même s’ils n’arriveront pas à des hauteurs comparables à leurs
    aïeux, ils domineront l’Est pour un temps encore indéterminé.

  6. Bonjour Sisley, je suis content d’avoir ton avis sur le sujet 🙂

    Finalement si j’ai bien compris, l’histoire se répète encore une fois.
    Après avoir connu ses heures de gloire sur le Nouveau Monde, c’est désormais sur le vieux continent que le douglas a installé sa suprématie…
    Il faudra peut-être s’attendre alors à une revanche plus tardive des séquoias, plus lents au démarrage, et qui viendront rejoindre les hauteurs hallucinantes des douglas européens.
    J’espère que l’on ne sera pas trop vieux pour assister à ce combat des Titans dans quelques dizaines d’années 😉

    Concernant les mesures précises des arbres, comme tu le dis à ces dimensions les marges de précisions sont bien réduites… des mesures annoncées au cm près laisse tout de même un peu rêveur 😉
    Pour info, la revue Forêt Entreprise vient de sortir en janvier un numéro spécial sur les nouvelles technologies au service des forestiers avec un comparatif intéressant sur les appareils de mesure de hauteur (si tu ne l’as pas sous la main, je peux te le faire suivre en pdf).

  7. Bonjour tout le monde et merci pour l’article et les commentaires. Toujours un régal de vous lire! 🙂 Je partage les avis précédents. Les séquoias géants ont rarement fait l’objet de plantations forestières et n’ont donc pas eu à entamer une course vers la lumière. En Europe continentale, les peuplements de sempervirens n’ont pas la vigueur des douglas et je pense que c’est essentiellement dû aux variations climatiques auxquelles cette espèce n’est pas habituée. La surprise en matière de de séquoia sempervirens pourrait venir des vallées des Pyrénées-Atlantiques où les conditions sont plus proches de leur terre d’origine. Côté espagnol (Cantabrie, Pays Basque) l’arbre se défend d’ailleurs bien. Comme l’évoque le Castor, il faut prendre en compte l’espérance de vie qui conditionne la vitesse de croissance. Les séquoias ont plus de temps devant eux que les douglas, et les sapins en ont moins. Dans l’arboretum près de chez moi (Belgique), les sapins de Vancouver sont en tête (50m) devant les Douglas(48m) et les séquoias géants (45m). Les tsugas hétérophiles participent à la course et devancent (47m) les séquoias! Tous ces arbres ont environ 115 ans. Mais l’espérance de vie d’un sapin de Vancouver « n’est que » d’environ 300 ans au maximum. Le temps des uns n’est donc pas celui des autres… Marc (sequoias.eu)

    • Merci Marc de nous avoir donné ton avis sur cette course des géants 🙂
      Je vois que côté Belgique, vous avez sensiblement le même trio de tête.
      Pour les Tsugas, c’est une espèce plutôt assez rarissimes en-dehors des arboretums. Je me souviens de quelques beaux exemplaires dans l’Arboretum des Barres (45) mais un bon niveau en dessous tout de même des douglas ou séquoias.

      Tu as tout à fait raison de garder un œil sur le Pays Basque : chaleur, humidité et bons sols… c’est le cocktail explosif pour faire des champions !

  8. Superbe article, merci à toi castor masqué ; pour compléter sur les aspects de croissance, on peut également observer cet arbre depuis la route départementale qui passe en haut, qui permet d’en avoir une vue avec du recul, et l’on constate qu’il continue tranquillement sa croissance en hauteur.

    https://lh3.googleusercontent.com/-oxKZaQrSppI/UziHA0zftlI/AAAAAAAAFo8/SP9lHh-gsAk/w397-h530-no/P1040496.jpg

    si l’image ne s’affiche pas, voir ici :
    http://arbres42.overblog.com/2013/10/douglas-de-renaison-g%C3%A9ant-de-france.html

    • ton article sur ton blog est un bon complément à celui-ci et permet de découvrir le géant par beau temps 🙂
      J’aime bien aussi la vieille carte postale, c’est chouette que tu en aies trouvé une, j’avais cherché de mon côté mais sans trouver une belle vue des douglas, seulement du barrage de Chartrain.
      Le département 42 monte sur la plus haute marche du podium, mais pour combien de temps, la concurrence est rude… le Beaujolais doit avoir quelques champions décidés remporter le titre 😉

  9. Une petite mise à jour en fin d’article !
    3 ans après ma première visite, le Géant continue sa croissance folle vers les étoiles 🙂 🙂 🙂

  10. Bonjour,
    A titre indicatif, le Douglas des Forges d’Abel (Urdos, 64) atteint aujourd’hui 54,6 m. Quant au record français pour l’espèce Sequoia sempervirens, il est à ce jour de 54,2 m (Parc du château d’Uhart-Mixe, près de St Palais (64), en Pays Basque. Mesures prises au télémètre laser Nikon Forestry Pro, méthode 2 points.

    • Merci Dominique pour ces précisions sur les géants du 64, toujours très impressionnant ce que l’on peut trouver dans ce petit paradis arboricole. 🙂 🙂 🙂
      ça me fait d’ailleurs penser qu’il serait bon aussi de réactualiser les mesures d’Hypérion ardéchois. Sa hauteur de 53,5m date de 2014, le Géant de Vals a du lui aussi se rapprocher encore des étoiles 😉
      Il me semble avoir entendu parler également d’un sempervirens titanesque chez les bretons mais je n’ai pas d’autres infos…

  11. Je suis membre de l’ASPAF, une association qui étudie les arbres et la canopée depuis 1980.
    j’effectue des mesures régulièrement sur le massif de la Sainte Baume dans le Var… et j’ai une liste qui peut intéresser les passionnés d’arbres.
    Dernièrement j’ai obtenu une hauteur de 43m pour un Hêtre de la Forêt (Monacale ou relique).
    Mais depuis quelques années, voici un exemple de mesures obtenues soit par grimpage soit avec le NIKON Forestry Pro.
    Séquoia sempervirens de l’arboretum de Saporta à St Zacharie: 47,60m.
    Cyprès chauve  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  » 45,90m
    Pin Jaune  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  »  » 43,80m
    Platane hybride Parc de St Pons à Gémenos 42,00m
    Pin d’Alep Vallée de St Pons à Gémenos 36,00m
    Certains sujets en propriété privée sont difficile d’accés.

    • Tu as utilisé la méthode 3 points ou la méthode 2 points ?
      Le cyprès chauve et le pin d’Alep pourraient être des records du monde, et le pin jaune un record d’Europe ; ça paraît énorme !…

  12. Bonsoir,
    Tu devrais inscrire le cyprès chauve, le pinus ponderosa et le pin d’alep sur le site « monumentaltrees » (en précisant la méthode de mesure respective) !

    • Bonjour,

      très intéressant toutes ces données d’autant plus que l’on manque cruellement d’infos sur des hauteurs maxi des arbres dans le sud-est.
      Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller faire un tour dans Le Parc du Moulin Blanc à St Zacharie mais tous ces chiffres vertigineux sont bien alléchants et me donnent l’envie d’aller visiter ce site réputé. On m’avait dit que le S. sempervirens de St Zacharie avait la réputation d’être le plus grand arbre de PACA avec une hauteur de 46m, je suis heureux de voir que ces mesures récentes confirment son caractère gigantesque 🙂
      Comme le dis Dominique, il serait intéressant d’enregistrer ces données… ou mieux de les rassembler dans un petit reportage sur notre blog collaboratif 🙂

      Je suis à la recherche des résultats d’un inventaire réalisé vers 2000 – 2001 dans le 13 et le 83. Je n’ai retrouvé quasiment rien sur le web et je n’ai pas connaissance d’une publication présentant ces résultats.
      Est-ce que vous avez des infos à ce sujet ?
      Si vous le souhaitez, nous pouvons en rediscuter par mail en utilisant la page contact du blog.
      Merci
      🙂 🙂 🙂

  13. Gilbert Salès de l’ASPAF Ste Baume.
    Bonjour,
    Je vous donne à tous des précisions.
    Les mesures sont effectuées avec la méthode 2points.
    Dans l’arboretum, le recul et la visibilité sont suffisant.
    Pour le Cyprès chauve, 45,90 m effectivement record d’Europe en 2016.
    Pour le Pin jaune, 43,80 m en 2015…au moins… record de France.
    Le Redwood de Saporta a été grimpé en 1978, aucune photo valable à l’époque.
    On avait obtenu 45 m. La dernière mesure avec le Nikon FP est de 2016.
    En 1978, un Abies procera mort en 1999 a été grimpé, on a obtenu 44 m.
    Les Platanes de l’arboretum sont morts en 2005, le plus haut avait 43m.

    Dans la vallée de St Pons à Gémenos.
    Pour le Pin d’Alep, 36 m à confirmer; il y a plusieurs sujets entre 33 et 36 m.
    Les Platanes très beaux ont été mesurés par l’ONF. J’ai controlé au NIKON en 2016, cela me semble correct mais pas exceptionnel.

    Dans la hêtraie de la Ste Baume, c’est beaucoup plus difficile de mesurer les arbres. Il faut les grimper ou faire des mesures partielles à partir du pied.
    Le Hêtre de 43 m demande encore confirmation, les mesures sont effectuées en plusieurs tronçons de l’arbre qui se trouve à la base d’un versant.
    dont la pente est de 45 degrés.
    A l’heure actuelle, le plus haut (officiellement) est le Hêtre « Charles Joseph » avec
    une mesure à 41,60 m. L’ONF connait l’emplacement géolocalisé de certains arbres comme le Houx géant de 20 m.
    Pour ceux qui voudraient faire d’autres mesures, l’Arboretum n’étant pas ouvert au public, il faut prendre un rendez vous avec Monsieur De Saporta.
    En forêt, je peux servir de guide. En novembre 2017, puis entre mai, juin et juillet 2018.
    Félicitations à tous les passionnés.

  14. Record mondial Cyprès chauve : 44,1 m (près Williamsburg, Virginie) ; record Europe Pin jaune (ponderosa) : 43,4 m (Tervuren, BE ; 2012). Ces deux records sont donc battus par les specimenS varois.

    • Gilbert Salès , Association Scientifique pour la Protection
      et l’Amélioration de la Forêt. (Sainte Baume).
      C’est avec plaisir que je vous communique quelques données.
      Voici une petite liste sur des mesures d’arbres que l’on étudie
      sur l’ensemble forestier de la Sainte Baume.
      En 2017…
      1/ Chêne pubescent de futaie 33,80 m x 204 cm.
      2/ Erable à feuilles d’Obier 33,10 m x 232 cm.
      3/ Tilleul à grandes feuilles 39,00 m x 240 cm.
      4/ Sorbier domestique 25,00 m x 130 cm.
      5/ Houx commun 19,85 m x 151 cm.

      7/ Sapin du Taurus Abies cilicica 36,00 m x 318 cm.
      La cime s’étant brisée plusieurs fois ces dernières années,
      ce Sapin aurait pu atteindre 40 m à 100 ans. Record ou pas ?

      8/ Un Cèdre de l’Atlas du Parc de St Pons à Gémenos détient le record de volume de tous les arbres de la Sainte Baume.
      Hauteur 30 m, circonférence 512 cm, volume 38 mètres cubes.
      A voir derrière l’Abbaye cistercienne.
      et enfin…toujours à Saint Pons.
      9/ Chêne pubescent de  » La Prairie »
      31 m de hauteur, 284 cm de tour et 11 mètres cubes.
      Un beau sujet qui passe inaperçu…
      A part ça…
      Je suis surpris qu’en Louisiane il n’y ait pas un Cyprès chauve de plus de 50 m.
      A plus !

      • Le record historique pour le cyprès chauce dans le bayou semble précisément être de 50 m. Aucun n’a jamais été mesuré de plus de 50 m (en tout cas PAR DES MOYENS FIABLES)…

      • Bonsoir,
        Le chêne pubescent de la Ste Baume est un record d’Europe quant à la hauteur. Même chose pour l’Acer opalus. Le Tilia platyphyllos est le 2me plus haut de France et le 4me plus haut d’Europe. Le houx commun est un record pour la France. Enfin, le Sapin de Cilicie est un record pour l’Europe.

  15. Est-ce que les conditions de croissance (sol, sources, expositions…) sont particulières à l’Arboretum de St Zacharie pour obtenir de tels records de hauteur ?
    De mon côté, le cyprès chauve le plus haut que j’ai rencontré fait 41m (Arboretum Balaine, Allier), c’est le seul que je connaisse à plus de 40m.
    Pour le chêne pubescent, mon maxi rencontré est de 27m (Mornas, Vaucluse).
    Pour l’érable à feuilles d’obier, maxi 26m (Ardèche) seulement ,mais nettement mieux avec un Sycomore de 39m (Savoie).
    Pour le tilleul, maxi 36m (Isère) mais c’est un tilleul argenté.
    En revanche, pas de référence de mon côté pour le Pin jaune et Abies cilicica…

    En parcourant le Massif de la Ste Baume l’an dernier, j’avais relevé quelques hauteurs sur de jolis hêtres (environ 3m de circonférence) : maxi 32-33m mesurés au suunto (pas facile « d’hêtre » précis en milieu forestier par manque de recul).
    Pour les Ifs reliques de la Ste Baume, maxi 21m mais souvent compris entre 15 et 18m.
    A noter aussi un bel érable de Montpellier à côté du parking de l’Hôtellerie de la Ste Baume (circ : 3,13m H 9m)

  16. Bonjour à tous,
    Effectivement l’arboretum de Saporta bénéficie d’un sol argilo-calcaire chargé en alluvions.
    Situé au début d’une plaine très fertile arrosée par le petit fleuve  » l’Huveaune », le Parc bénéficie de l’apport de la source du Peyruis et de la présence d’un petit lac.
    Malheureusement la région subit une sécheresse record depuis la fin avril 2017.
    L’Arboretum est à l’abri du vent d’Est et le mistral est atténué .

    Dans la hêtraie de la Sainte Baume, certaines parcelles offrent des groupements
    très élancés dont la hauteur moyenne est de 33 m (étude de 1987).
    Mais régulièrement les mesures effectuées ces dernières années donnent des hauteurs comprises entre 36 et 38 m pour des arbres de 200 à 250 cm de tour…
    et 30 à 35 m pour ceux de 300 à 370 cm de tour.
    Quant aux Ifs, J’ai pour l’instant deux sujets… un de 22,50 m , l’autre de 24,30 m.
    Ce dernier a été mesuré par grimpage en 1985, il ne semble pas avoir grandi.
    A plus…

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