Le gros platane, le chêne Henri IV et le vieux châtaignier, Ille-et-Vilaine

J’avais mis à profit le week-end de Pâques dernier pour aller rendre visite à quelques vénérables costarmoricains (déjà présentés ici et ). Ces visites dominicales s’étaient concluent par la « découverte » d’un patriarche jusque là non inventorié (ici) et la « re-découvete » d’un chêne figurant sur une carte postale ancienne. Toutefois, ce ne furent pas les seules trouvailles de choix de ces deux journées…

Platane Ille et  Vilai ne, Yannick Morhan (4)

En effet, la veille en Ille-et-Vilaine Sud, après avoir été saluer, ceux que je considère comme les doyens des chênes verts bretons, je suis aller dans une petite commune (le propriétaire des arbres m’a demandé de pas divulguer le lieu), où un platane situé dans un champ face à un château, avait attiré mon attention.

Je n’avais pu, jusque là, l’approcher pour cause de cultures ou faute de temps…Ce n’était d’ailleurs pas une priorité dans la mesure, où de loin il ne paye pas de mine.

Platane Ille et  Vilai ne, Yannick Morhan (3)Platane Ille et  Vilai ne, Yannick Morhan (2)

Cette fois-ci, la chance est avec moi, le foin a été coupé et le propriétaire du château m’autorise à aller photographier l’arbre. Une fois au pied de celui-ci, je me rend compte que mon impression était bonne, il est vraiment gros! Je procède à rapide délierrage  pour mettre en valeur le tronc et faciliter la mesure de la circonférence, qui est de 8.20 m environ (en avril 2014)  (la conicité du fût ne permettant pas d’être très précis). Cela en fait, à priori, le plus gros platane commun de Bretagne!

Platane Ille et  Vilai ne, Yannick Morhan (5)

Toutefois, il est loin d’être le plus beau et le plus en forme! Cet état de dépérissement peut certainement s’expliquer par le changement des pratiques agricoles. Il est probable qu’autrefois ce champ état une prairie permanente n’ayant jamais labourée, notre arbre avait donc ses racines en superficie. Celles-ci furent certainement coupées lors du premier labour, entrainant ainsi le dépérissement, j’ai pu observer ce scénario pour un chêne…Un gros élagage a fait le reste…

Seul point positif, de la partie basse partent de vigoureux rejets susceptibles de donner un avenir à ce platane.

Heureux de ma découverte, je retourne voir le propriétaire qui me propose alors d’aller voir le « chêne de Henri IV » et un vieux châtaignier situer sur le domaine.

Chêne Ill et Vilaine, Yannick Morhan(3)

Nous prenons la voiture, et faisons une première halte en lisière de bois à proximité de la route, c’est là que pousse le chêne de Henri IV de la famille, qui aurait été planté lors l’anoblissement de celle-ci 1589.

Chêne Ill et Vilaine, Yannick Morhan(2)Chêne Ill et Vilaine, Yannick Morhan(1)

Difficile de croire que ce beau chêne sessile de 4.67 m de tour (en avril 2014) a plus de 400 ans, toutefois cette tradition familiale montre bien tous les symboles que peut revêtir un arbre.

Nous reprenons la voiture et stationnons  dans un chemin forestier pour la suite de la visite. A  quelques centaines de mètres de là au milieu de sa jeune cour, trône le seigneur des lieux, un antique châtaignier!

Châtaignier Ille et Vilaine, Yannick Morhan (1)

Le propriétaire, non sans une certaine fierté m’avait annoncé un arbre de 500 ans environ, ce qui semble un peu beaucoup, mais il n’est pas impossible qu’il s’en rapproche…

En effet avec une circonférence de 8.10 m à environ 0.6 m du sol en incluant certains rejets et 7.15 m au dessus de ceux-ci nulle doute que c’est un vieillard!

Châtaignier Ille et Vilaine, Yannick Morhan (2)

Châtaignier Ille et Vilaine, Yannick Morhan (3)Châtaignier Ille et Vilaine, Yannick Morhan (4)

On voit clairement que ce n’est pas un sujet forestier. Ceci est confirmé sur GéoBretagne (site mettant en parallèle les vues aériennes de 1950 et d’aujourd’hui), où l’on voit (sauf erreur de repérage de ma part) l’arbre dans une zone ouverte.

CHATAIGNIER

Il ne semble pas trop souffrir de ce changement d’environnement, même s’il faudrait envisager de limiter le développement de ses voisins. A noter, que cet arbre a des locataires entre ses racines, blaireaux ou renards (je ne saurais dire) y ont creusé un terrier. On ne peut que les féliciter d’avoir fait preuve d’un aussi bon goût dans le choix de leur résidence!

Voici donc mes dernières trouvailles d’importance en Ille-et-Vilaine, qui étaient totalement inespérées! Avec le vieil if de Sévignac, ce fut de loin une de mes chasses à l’arbre les plus fructueuses depuis longtemps!

 

 

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8 réflexions sur « Le gros platane, le chêne Henri IV et le vieux châtaignier, Ille-et-Vilaine »

  1. Ce platane est vraiment fantastique et ses dimensions le place vraisemblablement dans le haut du classement des plus gros platanes de France. Super trouvaille !!!
    Du même gabarit (avec un houppier moins développé) que le géant de Provence à Lamanon qui reste à mes yeux The Référence de nos platanes sudistes !
    http://krapooarboricole.wordpress.com/2008/02/16/le-geant-de-provence-lamanon-13/
    Il s’agit bien de l’hybride ? pas d’occidentalis ou orientalis ?

    Je m’aperçois que le papis bretons sont tout aussi méfiants que ceux de la Drôme (cf le févier) 😉

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