Les arbres remarquables de Grenoble – chapitre 3/3 : Partir à leur rencontre !

Après tout le blabla des chapitres 1 et 2, il est temps désormais de passer aux choses sérieuses : où sont les 500 Arbres remarquables ? Et surtout quels sont les secteurs à privilégier pour découvrir les plus beaux trésors arboricoles du bassin grenoblois ?
Le chapitre 3 va vous donner les moyens de passer du virtuel ou monde réel.
Munissez-vous d’une bonne paire de chaussures, de votre Smartphone/GPS, d’un appareil photo et c’est parti  pour un Safari arboricole Dauphinois !

Carte des 500 arbres remarquables de l’agglomération de Grenoble

Tous les arbres ont été relevés au GPS, ce qui permet de les positionner sur carte avec une précision inférieure à 10m (sauf rares cas particuliers).

L’utilisation de Google maps pour mettre en ligne les données de l’inventaire s’est avérée la méthode la plus simple et la plus rapide (pas forcément la plus sûre)… pour un Castor maladroit en informatique 😉

L’inventaire a été classé en 3 catégories de remarquabilité (faible, moyenne, élevée) afin d’orienter plus facilement les visiteurs vers les arbres qui pourraient les intéresser en priorité. Une catégorie « souvenir » a été également ajoutée pour les arbres remarquables disparus ces dernières années. 
Pour chaque arbre positionné, vous trouverez les informations suivantes :
Nom commun (éventuellement nom latin pour les espèces plus rares)
– Le lieu-dit et la commune
Nom local de l’arbre, lorsqu’il existe
– Mesure de la circonférence relevée à la hauteur officielle d’1,30m (sauf indications contraires). Parfois, la circonférence n’est pas relevée : arbres avec des formes particulières ou non accessibles (elle peut être dans ce cas estimée à distance).
– Mesure de la hauteur totale effectuée au dendromètre (à visée optique ou électronique), sauf indications contraires.
– Une note de 0 à 5 indique l’état sanitaire de l’arbre à la date du relevé. De 0 pour arbre mort à 5 pour un arbre en excellente santé.
Pas de photos associées… pour le moment 😉

Merci de m’informer si vous avez connaissance d’arbres oubliés qui mériteraient de figurer sur cette carte et éventuellement… de ceux qui disparaitraient par mort naturelle ou par abattage. Je mettrai la carte à jour régulièrement en fonction du volume des nouveautés 🙂


Mais par où commencer les visites ?

La zone inventoriée fait tout de même 70 000 hectares, l’équivalent de sept fois Paris intra muros et avec des environnements très variés et pas toujours faciles d’accès (secteurs de montagne).
 
Situation où se trouvent les arbres inventoriés :
Parcs et jardins : 56%
Milieu forestier : 15%
Arboretums : 11%
Milieu champêtre ou rural : 10%
Milieu urbain : 5%
Alignement : 3%

Une grande diversité d’espèces :
au total ce sont 135 espèces différentes d’arbres et arbustes qui composent l’inventaire. La tableau ci-dessous donne la répartition des arbres inventoriés pour chaque espèce.

Une répartition inégale sur l’agglomération :
Sur les 61 communes couvrant la zone d’inventaire, certaines mériteraient une prospection plus approfondie puisque à ce jour, 11 d’entre-elles ne comptent aucun arbre remarquable sur leur territoire.
Hors zones urbaines, la plus forte concentration d’arbres relevés dans leur milieu naturel se trouve (sans trop de surprise…) sur le versant du Massif de Belledonne.

Attention, il est important de signaler également que 26% des arbres relevés dans l’inventaire se trouvent sur des propriétés privées. Certains restent tout de même accessibles librement en respectant le site (forêts privées ouvertes, pâtures, bords de route…), pour les autres, il faudra les admirer à distance ou demander la permission au propriétaire.

Les visites à réaliser en priorité

– Deux collections botaniques incontournables pour tous les amoureux des belles plantes:
Le jardin des plantes de Grenoble, datant de 1840 sur une surface de 2 hectares et aménagé en parc d’agrément ouvert au public. Il est associé à son Museum d’histoire naturelle. Article
L’Arboretum Ruffier-Lanche sur le Domaine universitaire de Gières, assez récent (1966) mais avec certains arbres rares et au développement spectaculaire. D’une surface de 3 hectares et traversé par un surprenant « sentier planétaire ». Article

– Les Parcs et Jardins publics de l’agglomération… ils sont très nombreux, voici un classement des plus intéressants en fonction de leur concentration en Arbres remarquables (classement non officiel par étoiles attribué par le Castor 😉 ) :
Le Parc Paul Mistral ***** (ouvert toute l’année) au centre de Grenoble datant de l’exposition universelle de 1925 sur une surface de 22 hectares . Article
Le Parc du Château de Sassenage ***** (fermé les samedis et en travaux de restauration de l’automne 2018 au printemps 2019). Article ici et .
Le Parc du Château de Vizille ***** (fermé les mardis), un site grandiose sur près de 100 hectares. A conseiller tout particulièrement pour un pique-nique en famille dès le printemps, mais à éviter si possible de décembre à mars (le soleil bas de l’hiver n’atteint pas le fond de la vallée…) – Article
Le Parc Soulage **** à Grenoble. Article.
Le Parc thermal ****d’Uriage-les-Bains
Le Parc de Rochepleine **** à St Egrève
Le Parc Karl Marx *** à Fontaine
Le Parc des Etangs *** à Meylan
Le Jardin des Dauphins *** à Grenoble
Le Parc de l’Ile Verte (Musée) ou Parc Michalon *** à Grenoble
Le Parc Beylier *** à Varces
Le Parc Miribel *** à Montbonnot-St-Martin
Le Parc Lefrancois ** à Voreppe
Le Parc Géo Charles ** à Echirolles
Le Parc municipal (du marché) à Fontanil Cornillon **
Le Parc François Mitterrand à Seyssins **
Le Clos Jouvin ** à Jarrie
Le Parc de la Mairie de Bresson **
Le Domaine de Barnave ** à St Egrève
… pour ne citer qu’eux…
Remarquons que la majorité de ces parcs prestigieux sont en fait d’anciens Domaines de Châteaux qui ont été rachetés par les municipalités (la mairie s’installant parfois dans le château) ou ont été ouverts au public. On se rend bien compte de tout le potentiel en arbres remarquables qui peut se cacher encore derrière les murs des propriétés privées non accessibles au public…
A noter aussi que de nombreux communes proposent des itinéraires de balades découvertes affichés sur des panneaux à l’entrée des parcs. La ville de St Egrève propose même un itinéraire reliant tous les parcs et jardins de son territoire. De belles initiatives locales à souligner ! 🙂

– Quelques Parcs « privés » … plus ou moins accessibles librement 😉
Le Golf d’Uriage-les-Bains **** – Article
Le Parc paysager de Randon au Lycée Horticole de St Ismier **** et sentier de l’arbre.
Le Parc de l’Ecole Hôtelière Lesdiguières *** à Grenoble
Le Parc de la MFR *** de Vif
Les zones arborées de l’hôpital nord à La Tronche ***

– Les arbres en milieu rural ou champêtre
Une visite s’impose obligatoirement au Chêne de Venon, l’emblème des arbres de l’agglomération. Pour s’y rendre, se garer près de la Ferme de Pressembois, puis tracer à vue en longeant les pâtures en direction du sommet de la colline (10-15 min). Attention, le « Chêne des neiges » se trouve sur un terrain privé, le propriétaire n’est autre que l’exploitant agricole de la Ferme de Pressembois. L’accès est toléré pour rendre visite au « Phare de Grenoble » mais en respectant bien-sûr les clôtures et sans déranger les gros ruminants (présence parfois aussi de deux ânes). On peut d’ailleurs profiter du marché fermier qui se tient plusieurs fois par an à la Ferme de Pressembois et qui réunit aussi d’autres producteurs de Belledonne pour aller rendre visite au vieux chêne – Article
Une concentration exceptionnelle de vieux arbres têtards se trouvent dans la plaine du Grésivaudan en amont de Grenoble. Si les vieux saules des Essarts à Montbonnot sont malheureusement peu recommandables (une faune très spéciale rode tous les jours à proximité 😉 ), les peupliers de la presqu’île de la Taillat sur la commune de Meylan méritent en revanche une petite visite. Le secteur de La Taillat est d’ailleurs très fréquenté tous les midis par les joggers accros de running des centres de recherche d’Innovallée. Cette plaine agricole, largement sillonnée de chemins d’exploitation, peut se visiter en VTT et se coupler avec une balade le long de la piste cyclable de la rive droite de l’Isère.
Les vieux châtaigniers sont fréquents au-dessus d’Uriage et jusqu’à une altitude de 1000m. De nombreuses villas sont venues grignoter les vieilles châtaigneraies qui appartenaient à l’origine à quelques grandes fermes de Belledonne. Mais de multiples sentiers de promenade parcourent les balcons de Belledonne et sont l’occasion d’infinies balades à la découverte de splendides panoramas et permettant de découvrir encore quelques vieux châtaigniers… à bout de souffle. Et pour ceux qui voudraient s’immerger totalement dans cette atmosphère, le petit camping champêtre du Buisson, au pied du plus gros châtaignier de Belledonne, est une occasion rêvée ! et à seulement quelques minutes du Tilleul Sully de St Nizier – Articles Krapo ici et

– Les arbres en milieu forestier
De belles forêts de montagne, typiques des Alpes du nord, sont à découvrir en remontant sur les bords de la cuvette grenobloise. Et sans aller jusque dans le cœur du Massif de Chartreuse, récompensé par le très prestigieux label « Forêt d’exception » (moins de 10 forêts en France), de belles sapinières sont à découvrir :
Au Col de Porte (Sappey en Chartreuse) avec son seul et unique Sapin Président (2017), un secteur très joli, même en hiver à parcourir en raquettes. Au retour de votre balade au Col de Porte, n’oubliez pas de faire une halte au petit café du Sappey pour admirer le gros poirier – article
Aux Seiglières, en passant par le Marais et en prolongeant jusqu’à l’Epicéa Mathusalem parcelle 41 dans sa réserve biologique – article
A l’ancienne Chartreuse de Prémol pour rendre visite à la Gardienne (Sycomore), et parcourir son étrange sentier des arbres à sons, puis prolonger à pied jusqu’à la tourbière de la réserve du Luitel (la plus ancienne réserve naturelle de France) – article
Plus haut sur Belledonne, la cembraie de Chamrousse est à découvrir. Mais inutile de faire des allers retours épuisants dans la pente rocheuse le long des remontées mécaniques pour observer les vieux arolles. Un joli circuit de balade (réservé aux très bons marcheurs) devrait vous donner un aperçu suffisant : du Recoin, prendre en direction du Lac des Pourettes, monter à la Brêche Robert Nord (itinéraire plus joli que par la Brêche Robert Sud), redescendre par les Lacs Roberts puis rejoindre le Lac Achard et ses pins à crochets, regagner ensuite Roche-Béranger et retour au Recoin soit par « la transhumance » (pins cembros) soit plus facile par le GR de Pays sous la route (dans les épicéas) – Articles ici et .
Côté Vercors, la zone de collines de Seyssinet-Pariset offre aussi de belles balades forestières et vient d’être récemment aménagée par la « Métro ». C’est aussi un secteur réputé pour les VTTistes. Depuis le parking des Vouillants, le passage dans le Désert de Rousseau permet d’observer le vieux tilleul forestier (Senior des Vouillants) et d’impressionnants lierres de falaises ainsi qu’un vieux hêtre qui a trouvé refuge dans la fraicheur des gorges. Les sentiers permettent aussi de rejoindre les parcs Karl Marx et du Château de Sassenage.
Le Rocher de Comboire (Claix), site protégé abrite une belle concentration de Genévriers thurifères. Son accès est réservé aux grimpeurs ou éventuellement aux pratiquants de via cordata. Le site du Fort de Comboire au sommet du rocher calcaire permet de découvrir une flore aux allures méditerranéennes sur les crêtes rocheuses. Et au pied du rocher, l’Allée de La Balme, longue de 440m, offre la possibilité d’une balade à l’ombre des vieux tilleuls et marronniers aux heures les plus chaudes de la journée.

Pour aller plus loin :

Deux Associations de protection de la nature multiplient les initiatives locales pour faire découvrir toute la richesse environnementale du bassin grenoblois : Gentiana et la FRAPNA38.
La FRAPNA a même lancé en 2016 un inventaire collaboratif des arbres remarquables sur l’ensemble du département de l’Isère. Les résultats sont mis en ligne directement par les internautes sur cette carte interactive et enrichie de nombreuses photos.

Pour l’association Gentiana, on peut signaler parmi ses nombreuses actions, un gros travail d’inventaire des arbres têtards mené en 2009 sur le département de l’Isère, avec une ambition de sauvegarde et de restauration de ces arbres symbolisant les zones bocagères et humides des plaines iséroises. En 2012, des efforts de vulgarisation et de communication ont eu lieu autours de ces « arbres paysans » avec la parution notamment d’une plaquette très détaillée donnant des conseils pour les entretenir et les restaurer. Carte de localisation de plus de 1000 arbres têtards.

A noter aussi que la commune de St Martin d’Uriage a réalisé en 2006, une étude complète sur le patrimoine boisé de son territoire. Une étude menée dans le cadre du Plan Local d’Urbanisme par l’Association Dryades qui a élaboré des fiches détaillées sur 20 arbres remarquables identifiés. Il est d’ailleurs intéressant de se pencher sur les fiches d’inventaire très détaillées qui ont servi à l’inventaire.

Vous avez aimé le chapitre 3 ?

Vous pouvez poursuivre la lecture de la saga arboricole des Arbres de Grenoble en lisant le
chapitre 1 et le chapitre 2. 🙂 🙂 🙂

Share Button

3 réflexions sur « Les arbres remarquables de Grenoble – chapitre 3/3 : Partir à leur rencontre ! »

  1. Bonjour Castor,

    Encore bravo pour ce rapport d’activités qui, de par ce chapitre, se termine en apothéose avec un véritable guide touristique de la région grenobloise pour les passionnés d’arbres ! ; -)

    Ça y est, tu m’a donné envie d’y faire une excursion et je pense que pour voir le principal, une semaine ne serait pas de trop !

    Un grand merci pour ce partage : -)

  2. Salut Aurélien,

    je suis content que ce dernier chapitre t’ait donné envie de venir faire un safari arboricole dans la Capitale des Alpes.
    Et si tu fais le déplacement, je serai ravi de te servir de guide pour partir à la rencontre de ces arbres (ce sera plus sympa que la carte google map 😉 ).

    🙂 🙂 🙂

  3. Bonjour à toutes et à tous !!

    Et bien que dire si ce n’est, chapeau bas !!!
    Il ne manque vraiment pas grand chose, je me demande combien de week-end et de soirées ça a demander pour mettre ça sur pied ?! 😉
    – – – –
    Pour ce qui est des critères de ‘remarquabilité’, c’est un vaste sujet.
    Selon l’endroit où l’on se trouve on peut classer un spécimen dans plusieurs niveaux.
    Au début, j’avais pensé cela en établissant 3 niveaux d’intérêts par rapport à un inventaire départemental. Celui de l’arbre présentant des critères dignes de représenter un sujet remarquable pour le département voire plus en prenant du recul car certains se retrouvent par la suite en national, l’arbre d’intérêt cantonal ou de district et enfin le local ou communal.
    Il est vrai qu’avant d’utiliser ce classement il faut déjà avoir une certaine connaissance du grand périmètre et cela gagne en netteté avec les années sur le terrain.
    Je prends souvent pour exemple un arbre évoluant dans une localité, maintenant je peut le trouver très ordinaire, mais en me plaçant à l’échelle du lieu et en connaissant le secteur, je lui accorde un intérêt car par exemple on ne trouve plus beaucoup d’espèces de ce type par ici, de spécimens présentant une telle dimension ou encore étant liés à telle ou telle tradition et/ou coutume..
    Même l’état du sol peut nous éclairer, car souvent on ne prend qu’en compte la dimension ou l’aspect or un sujet ayant vécu dans un sol donné présentera telle ou telle donnée métrique alors qu’en terme d’âge, il atteindra des fois plus qu’un autre considéré et reconnu..
    – – – –
    Il y a déjà pas mal d’années, je m’étais dis, la découverte et la mise en avant d’un arbre c’est très bien, mais il manquait quelque chose, comme par exemple, le détricotage se son évolution, comment en est-il arrivé là, par quels différents environnements et stade de croissance est-il passé.. et enfin la description de son milieu, son historique si possible ainsi que celle de son état sanitaire.
    Mais je suis bien conscient que cela demande une quantité d’analyses et de temps supplémentaire dans un inventaire.
    On y arrive parfois avec les photos anciennes et les superpositions de clichés aériens comme Castor l’a déjà montré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.