Au début du XXe siècle, Émile Cardot fut l’un des forestiers les plus connus de sa génération. Administrateur des Eaux et Forêts, il s’investit notamment dans l’enseignement sylvo-pastoral. En 1907, il publia Le Manuel de l’arbre, un ouvrage didactique édité par le Touring-Club de France et destiné à sensibiliser les élèves des écoles primaires rurales.

Buste d’Émile Cardot à Meymac (Corrèze), portant l’épitaphe suivante : « Des arbres, je les ai plantés quand j’étais écolier. Ils tenaient tous entiers dans mes petites mains et maintenant ils sont aussi hauts que le clocher du village. » Photo : Mickaël Jézégou.
Publié initialement à 50 000 exemplaires, le livre rencontra un véritable succès et fut réédité à près de dix reprises, la dernière édition ayant paru en 2017 chez Hachette. Cardot défendait une vision patrimoniale et paysagère de la nature. À travers ses écrits et ses conférences, il invitait les instituteurs et les municipalités à considérer l’arbre comme un élément essentiel de l’identité des campagnes françaises. Il y dénonçait les abattages excessifs et promouvait un reboisement raisonné, non seulement pour la production de bois, mais aussi pour la protection des sols et l’agrément paysager des communes.
Cet attacheme
nt au paysage et à la forêt se traduisit particulièrement par un plaidoyer en faveur des arbres anciens. Dans son manuel, il insistait sur la nécessité de préserver ce patrimoine végétal singulier, témoin du passé : « Il faut respecter et conserver pieusement les vieux arbres qui ornent les avenues et parfois la place du village, entourent son église, son cimetière. Ils donnent au village sa physionomie particulière… »
Par cette approche, il contribua sans doute à poser les bases d’une sensibilité moderne à la protection des arbres remarquables de notre pays.




